『Statue de «femme de réconfort»: quand la Nouvelle-Zélande cède aux pressions du Japon』のカバーアート

Statue de «femme de réconfort»: quand la Nouvelle-Zélande cède aux pressions du Japon

Statue de «femme de réconfort»: quand la Nouvelle-Zélande cède aux pressions du Japon

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る
C'est une question qui hante l'Asie orientale et qui empoisonne les relations de Tokyo avec ses voisins. Comment rendre hommage aux femmes esclaves sexuelles de l'armée japonaise durant la Seconde Guerre mondiale ? Les monuments en leur honneur sont des objets de contestation politique et diplomatique. Cette question a resurgi cette semaine à l'autre bout de l'Asie-Pacifique : en Nouvelle-Zélande. L'histoire a lieu à Auckland, la plus grande ville néo-zélandaise. Mardi 28 avril, le conseil municipal a décidé de ne pas installer ce que les Sud-Coréens appellent une « statue de la paix » (pyeonghwaui yeosinsang). Soit une jeune femme assise près d'une chaise vide : la survivante et la disparue. Un hommage aux quelque 200 000 femmes asiatiques, sud-coréennes mais aussi chinoises ou indonésiennes, toutes esclaves sexuelles de l'armée impériale japonaise dans les années 1940. Elles sont connues sous l'appellation « femmes de réconfort ». Les guillemets comptent car l'euphémisme est insultant. Âgées souvent d'une vingtaine d'années à l'époque, elles étaient recrutées systématiquement par l'armée du Japon, sans savoir qu'elles devraient se prostituer dans des maisons closes réservées aux soldats de l'empereur. Là, violées tous les jours, vendues comme des marchandises, elles vivaient dans des conditions misérables. Consultation publique Pourquoi la municipalité d'Auckland a-t-elle refusé d'ériger une statue en leur mémoire ? À l'évidence, elle a été débordée par l'affaire. Le projet avait pourtant été validé par les autorités locales en juin 2025. Cette statue de la paix, offerte par une organisation sud-coréenne, devait être installée dans un jardin culturel coréen sur un terrain municipal à Devenport-Takapuna, dans la banlieue d'Auckland. Mais quand le conseil local de cette banlieue a pris conscience du symbole historique très sensible de cette statue, il a suspendu son approbation en septembre 2025 et lancé une consultation publique en janvier dernier. Résultat : 60 % ont voté « non » à la statue. Parmi les votants, un tiers de résidents d'origine japonaise et un tiers d'origine coréenne, ajoutés à des organisations locales au trois quarts réfractaires, craignant la polémique politique. Pas de vagues Puis, l'affaire est devenue internationale. L'ambassadeur du Japon en Nouvelle-Zélande est lui-même monté au créneau dans une lettre formelle. La statue est, selon lui, soutenue par un « mouvement anti-japonais porté par certains Coréens » et elle pourrait « abîmer les relations diplomatiques entre le Japon et la Nouvelle-Zélande ». Le gouvernement de Tokyo a lui aussi émis une « protestation solennelle » auprès du ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce. Résultat donc : pas de statue de la paix à Auckland. Pas de vagues avec un allié japonais essentiel face à la Chine et, surtout dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, crucial pour l'approvisionnement en énergie et en matières premières critiques. Jumelage rompu Cette affaire de la statue à Auckland est le dernier épisode d'une longue série. En effet, depuis la première « statue de la paix » érigée à Séoul en 2011, des dizaines d'autres ont été installées à l'étranger, de San Francisco à Berlin. Une occasion de sensibiliser aussi aux violences sexuelles subies par les femmes en général. Chaque fois, le gouvernement japonais allié à des organisations locales s'y est opposé bruyamment. La mairie d'Osaka a même rompu son jumelage avec San Francisco en 2018 et la mairie de Berlin en 2025 a finalement retiré la statue face à la pression japonaise. Même s'il a fait des excuses publiques, le gouvernement du Japon n'a jamais reconnu précisément sa responsabilité dans ce système d'esclavage sexuel. Tokyo considère l'affaire réglée depuis l'accord de 2015 avec Séoul autour d'un fond de dédommagement, mais qui ne satisfait pas les Sud-Coréens. Plus grave, le 22 mars dernier, l'actuelle Première ministre ultra-conservatrice Sanae Takaichi a fait approuver de nouveaux manuels scolaires japonais qui n'évoquent même plus l'expression « femmes de réconfort ». Et encore moins les esclaves sexuelles de guerre de l'armée impériale. À lire et à écouterCorée du Sud: le dernier combat des esclaves sexuelles de l’armée impériale japonaise
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
まだレビューはありません