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Sénégal: un projet de «cité verte» moderne et «écologique» fait polémique autour du lac Rose

Sénégal: un projet de «cité verte» moderne et «écologique» fait polémique autour du lac Rose

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概要

C'est un projet qui fait polémique au lac Rose, l'un des sites touristiques les plus emblématiques du Sénégal, connu pour ses eaux rosées, ses dunes et sa bande de filaos, rempart naturel face à l'océan : la construction annoncée d'une vaste « ville verte » d'une dizaine de milliers de logements haut de gamme inquiète une partie des habitants. De notre correspondante de retour de Dakar, Le lac Rose : ses reflets colorés, ses dunes, ses hôtels, et cette longue bande de filaos qui protège la zone de l'avancée de la mer... Un environnement exceptionnel au Sénégal, dont vivent les populations locales depuis des générations. Le projet immobilier d'envergure inquiète les professionnels Ibrahima Ndiaye est gérant d'hôtel et originaire du secteur : « On est dans une zone où l'écosystème est assez fragile. On a une bande de filaos qui a été plantée pour la protection de l'érosion côtière et l'avancement de la mer. Mais qui nous faisait aussi un décor sur le point touristique, qui joue un rôle très important sur notre cadre de vie, et qui filtre aussi le sel, qui nous permet d'avoir de l'eau douce tout autour du lac. » Au cœur des inquiétudes : un projet immobilier d'envergure porté par la société égyptienne Casa Orascom. Une « ville verte » de 78 000 logements doit voir le jour dans les dunes, entre le lac et l'océan. Un chantier qui fait craindre une dégradation de l'écosystème, mais aussi la remise en cause des activités locales. Alassane est guide touristique. « Auparavant, on vivait du tourisme et de l'agriculture aussi, mais il n'y a plus de terres. Du coup, tous les jeunes du village environnant travaillent ici, au niveau du lac. Si ce projet s'implante, on risque vraiment de tout perdre. Il y a plus de 1 000 personnes qui travaillent ici », confie-t-il. À lire aussiSénégal: le lac Rose qui a perdu sa couleur fait blêmir le secteur du tourisme [2/2] Les bandes de filaos préservées selon les autorités Le lac regorge aussi de sel, faisant vivre des centaines de ramasseurs et vendeurs, comme Mapathé Wade : « Les filaos coupent le vent. S'il y a du vent, personne ne peut sortir chercher le sel, car il y a un risque que les pirogues chavirent. » En octobre 2025, Ibrahima Ndiaye et d'autres habitants ont tenté de s'opposer à l'arrivée d'engins de chantier venus tracer une piste. Ils ont été arrêtés, puis emprisonnés quelques jours. Un épisode qui illustre le fossé entre une partie des populations locales et les porteurs du projet. Signé en 2019, le programme de « cité verte » vise, selon l'État, à désenclaver Dakar et à répondre à la forte demande de logements. La Délégation générale à la promotion des pôles urbains (DGPU) assure que l'environnement sera préservé. Son conseiller technique, le docteur Mbaye Dieng, nous présente la maquette : « Entre la mer et les premières habitations, vous avez une bande de filaos sur 90 hectares. Ça, c'est la première bande. Celle-là, on n'y touche absolument pas. Après, vous avez d'autres filaos à l'intérieur du projet. Il peut arriver qu'un véhicule de chantier passe et écrase un filaos. Donc dès qu'il y a un arbre qui a été fauché, il y a obligatoirement une substitution. » À lire aussiSénégal: sur les bords du lac Rose, les extracteurs de sel minés par la montée des eaux [1/2] « Une station d'épuration et d'assainissement » est prévue dans le projet Les autorités promettent également des retombées économiques : emplois, routes, centre de santé, centre de formation, équipements religieux et espaces publics destinés à bénéficier aux villages voisins. « La première chose que l'on va faire est de mettre une station d'épuration et d'assainissement dans la zone pour que les eaux usées puissent être traitées à des niveaux acceptables », développe le docteur Mbaye Dieng. Le projet prévoit notamment la construction d'environ 7 000 logements sociaux. Sur place, les habitants assurent rester mobilisés et demandent davantage de concertations avec l'État et les promoteurs.
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