Roumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires
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概要
En Roumanie, des historiens planchent sur l'intégration de cours optionnels sur l'histoire des Roms, à destination des collégiens et lycéens. Le module doit notamment approfondir le sujet de l'esclavage de cette minorité, estimée entre 1,5 et 2 millions de personnes dans le pays, selon l'État roumain. Aboli il y a 170 ans, le travail forcé souffre d'un manque de visibilité dans les écoles roumaines. Mais le début de cet enseignement, prévu à la rentrée 2026, pourrait prendre du retard.
De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes
Assis à son bureau à Bucarest, le sociologue Adrian-Nicolae Furtuna ouvre un livre d'archives. À l'intérieur, les contrats de vente d'esclaves roms défilent : « Regardez ici. C'est le cas de Craciun, un enfant Rom, qui a été vendu à trois maîtres différents en seulement deux jours. Vous voyez ici, vous pouvez voir la signature et l'empreinte du doigt, en bas du texte rédigé en cyrillique. »
Pendant près de cinq siècles, l'esclavage des Roms se pratique dans les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie. Monastères, boyards, paysans, l'ensemble de la société recourt au travail forcé de cette minorité ethnique. Les esclaves sont alors considérés comme des biens meubles. Une absence de droit avec son lot de personnes battues, parfois jusqu'à la mort, de violences sexuelles et d'enfants séparés de leurs parents.
Cette page de l'histoire est tombée dans l'oubli en Roumanie, depuis l'abolition du système, il y a 170 ans. « J'ai découvert l'histoire de l'esclavage des Roms quand j'avais 20 ans. J'étais étudiant. Quand j'ai démarré mes recherches, je ne courais pas après le sensationnel. Mais à force de documenter, j'ai fini par tomber sur des informations comme celle-ci, raconte Adrian-Nicolae Furtuna. Ces documents montrent clairement comment un paysan roumain pouvait acheter un enfant pour ensuite le revendre au monastère dont il dépendait. »
« Ils ont besoin de comprendre (...) ce qu'il s'est passé »Delia Grigorie, activiste et maîtresse de conférences à l'université de Bucarest, travaille à la rédaction de nouveaux manuels scolaires. Depuis l'adoption d'une loi en juillet 2023, les collégiens et lycéens roumains peuvent choisir des cours dédiés à l'histoire des Roms. Le programme, d'une durée de quatre ans, toujours en cours d'élaboration, doit s'attarder sur leur esclavage :
« Ils ont besoin de comprendre, dès le plus jeune âge, ce qu'il s'est passé : pourquoi les Roms ont été marginalisés et restent encore aujourd'hui fortement stigmatisés. Mais aussi, pourquoi ils s'excluent parfois eux-mêmes et gardent une très faible estime d'eux-mêmes. L'enseignement de cette histoire, qui n'est toujours pas enseignée à l'école, est essentiel. Si on la transmet, je suis sûr que le racisme reculera. »
Mais le démarrage du nouveau cours prend du retard. Le groupe d'experts chargé de rédiger les manuels a remis sa proposition de curriculum à une commission du ministère de l'Éducation. Depuis huit mois, les chercheurs sont sans nouvelles. Delia Grigorie évoque un début des cours au plus tôt pour la rentrée 2027… quatre ans après le vote de la loi.
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