『Retour sur les années 2010, de la résurrection numérique aux succès belges』のカバーアート

Retour sur les années 2010, de la résurrection numérique aux succès belges

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Alors là, on entre dans une décennie que personne n’avait vraiment vue venir. C’est vrai, on s’en souvient, chez nous, à la fin des années 2000, beaucoup se demandent si le Concours Eurovision de la Chanson a encore un avenir. Les audiences télés plongent, on râle sur les votes de voisinage, les pays de l’Est votent entre eux, bref, on soupire en disant que tout cela n’a plus rien à voir avec nous. Et on fait ce que l’Europe sait si bien faire quand elle doute : critiquer ce qu’elle ne domine pas ou plus.Mais bon, malgré tout, le concours continue d’aligner les éditions.Et en 2010, nous voilà à Oslo, dans un pays qui a les moyens financiers de donner un grand spectacle et le montrer avec ce mélange scandinave de calme, d’élégance et d’efficacité. Le spectacle est impeccable, moderne, rapide, lumineux. On sent que l’Eurovision est devenu un vrai produit télé du XXIe siècle. C’est fini, le programme un poussif et poussiéreux qui traîne en longueur : tout s’enchaîne à toute berzingue avec l’énergie d’une retransmission des J.O.Bon, et nous dans tout ça ? Ben on revit un peu. Après des années à manquer les finales, voilà qu’arrive un jeune homme timide, avec sa guitare en bandoulière. Il s’appelle Tom Dice. Rien à voir avec la mise en scène habituelle du concours.Me and My Guitar, Alors on l’écoute le gars, chanter avec sa guitare, et on se redresse sur le canapé car cela fait longtemps qu’on n’avait plus entendu ça, du moins sur le plateau de l’Eurovision. Et plus que de se dire, tiens, on existe encore, on est content de voir un gars qui ne chante pas un truc comme on n’en entend qu’une fois par, là, à l’Eurovision.Et il termine sixième. Chez nous, c’est carnaval. Sixième et non pas au cul du baudet comme on dit dans la Wallonie profonde, ben on va reparler de l’Eurovision sans ironie, ce qui, dans certaines rédactions de journaux et magazines, relève déjà du miracle.Et oui, cette nouvelle décennie révèle surtout autre chose : la chanson populaire a changé de nature. Avant, il fallait vendre des disques ; désormais, il faut exister sur internet, être partagé, commenté, repris, détourné, aimé ou même moqué. Et oui, dans les années 2010 le concours entre de plain-pied dans l’ère 2.0.L’année suivante, confirmation à Düsseldorf car l’Allemagne a gagné grâce à Lena. C’est pas tous les ans, signe que les temps changent et notamment, que les grands pays fondateurs peuvent encore gagner contrairement à la rumeur. Les Allemands organisent cela comme ils savent le faire : la machine est immense et bien huilée. Et oui, c’est cela le changement des années 2010 : on ne gagne plus avec une chanson faite pour l’Eurovision mais avec un titre capable de vivre en dehors du concours.En 2012, Bakou accueille l’événement dans un décor aussi flambant neuf que le pays. On sent qu’il veut impressionner, se montrer, et surtout s’installer dans l’imaginaire européen dont il a longtemps été absent. Car c’est ça aussi, l’Eurovision avec ses cartes postales.La gagnante se nomme Loreen. La Suède, évidemment. Ces gens-là ont compris le concours mieux que tout le monde, depuis Abba. Ils le prennent au sérieux sans jamais en avoir l’air. Et de fait, Euphoria est un tube international qui passe par l’Eurovision et non le contraire. On est loin de se douter qu’on la reverrait bien plus tard.En 2013, Malmö confirme cette impression. Tout est pensé, rythmé, intelligent, léger. Les Suédois organisent un concours comme les Finlandais le nouveau modèle de chez Nokia. Bon, pendant ce temps, en Belgique, on cherche toujours la bonne formule entre nos deux chaînes de télévision publique. Il y a des talents, des idées, des voix, mais peu de vision stratégique, perdu dans un labyrinthe … linguistique, je ne vous apprends rien.Et puis arrive 2014, à Copenhague, avec Conchita Wurst pour l’Autriche. Vous remarquez que je ne dis ni concurrent ni concurrente et vous savez pourquoi. Et voilà que ce concours que beaucoup disaient ringard devient soudain l’émission la plus moderne du continent sur les questions d’identité, de représentation, de liberté d’être soi. Ceux qui se moquaient encore de l’Eurovision voient le truc les doubler par la gauche. Car Conchita remporte le trophée largement. Dans certaines maisons, on applaudit. Dans d’autres, on tousse. Aaah 2015, ça fait drôle de retrouver à Vienne, non pas pour le Nouvel An mais un 23 mai, et pas pour une valse mais pour chanteur sur qui nous misons tout, ici en Belgique, c’est déjà un phénomène nous, il s’appelle Loïc Nottet.Hé, on tient quelque chose, là, c’est le gars qu’on a vu et applaudi dans The Voice. Et il arrive avec une vraie proposition artistique. La chorégraphie, chez lui, on le sait, c’est pas un truc en plus pour le show télé, il est habité par la danse le ...
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