Quels gains pour le Pakistan, médiateur entre l'Iran et les États-Unis?
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Le Pakistan et son puissant chef de l'armée, le maréchal Asim Munir, restent au centre du jeu diplomatique dans le conflit entre Washington et Téhéran. Un rôle de médiateur qu'il a obtenu de manière inattendue et qu'il espère fructueux.
Le paradoxe continue après plus de trois mois de conflit au Moyen-Orient. Voici le Pakistan, un pays déchiré par les divisions, notamment dans les zones tribales à l'ouest et au Balouchistan sur la côte, un pays en guerre avec son voisin, l'Afghanistan. Ce même pays a signé un accord pour mettre fin à un conflit impliquant la superpuissance américaine et l'Iran, un autre voisin avec lequel il a rarement entretenu de bonnes relations.
Islamabad a pourtant su gagner la confiance de Téhéran en condamnant l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en condamnant l'assassinat du Guide suprême Ali Khamenei ainsi que la frappe sur une école iranienne. Mais le Pakistan a aussi gagné les faveurs de Washington en condamnant les attaques iraniennes contre ses voisins du Golfe et en demandant la réouverture du détroit d'Ormuz, où transitent 80 % des importations pakistanaises de pétrole brut.
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Plaisanterie de JD VancePlus que des faveurs, on peut même dire que les dirigeants américains adorent le chef de l'armée pakistanaise. Publiquement, en tout cas. Donald Trump avait d'abord dit tout le bien qu'il pensait de son « maréchal préféré ». Puis, il y a quelques jours, lors des négociations en Suisse, son vice-président JD Vance s'est même permis une plaisanterie devenue virale sur les réseaux sociaux – et qui en dit long : « J'ai deux personnes très, très importantes dans ma vie… L'une est indienne et l'autre est pakistanaise. L'Indienne est ma femme et le Pakistanais est le maréchal Munir. » Au-delà de la blague, le chef de l'armée pakistanaise est sérieusement complimenté par JD Vance pour avoir rapproché les belligérants alors que le processus de négociations était en train de dérailler.
Certains analystes vont même jusqu'à soutenir que ce rôle de médiateur est extrêmement confortable pour le Pakistan. Il se trouve dans les petits papiers de la Maison Blanche, et il fait de l'ombre à l'Inde, qui a cherché en vain à l'isoler sur la scène diplomatique mondiale. Pourtant, le gouvernement d'Islamabad affirme attendre la signature d'un véritable accord de paix irano-américain comme une victoire diplomatique majeure.
Manne d'investissement espéréeD'autant que le Pakistan en attend des bénéfices économiques sonnants et trébuchants. Or, selon les experts, la médiation d'Islamabad pourrait ne générer que des gains économiques limités : essentiellement une réduction de ses coûts d'importations d'énergie grâce à la réouverture du détroit d'Ormuz, à quoi s'ajouterait une éventuelle relance du projet de gazoduc avec l'Iran. Islamabad espère aussi et surtout une manne d'investissement américain et occidental. Mais les bonnes paroles des diplomates ne garantissent jamais des contrats d'investissement en bonne et due forme. Le gouvernement pakistanais espère enfin à l'avenir une place durablement reconnue sur la scène des puissances régionales au Moyen-Orient.
Mais il faut voir aussi à qui profite cette médiation au Pakistan. Aux militaires, bien sûr, avec le maréchal Asim Munir, toujours lui, qui est le dirigeant de fait d'un État dominé par l'armée depuis 30 ans. Mais le pays ne retrouvera la paix et la prospérité que s'il partage les dividendes éventuels de sa grande opération diplomatique avec son peuple et ses minorités.
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