Quand le coton ouzbek sert l'industrie de l'armement russe
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概要
Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie tente d'échapper aux sanctions imposées sur un certain nombre de matières premières. Mais il y a un secteur, essentiel pour l'industrie de défense de Moscou, qui ne connaît pas la crise : le coton, utilisé dans la machine de guerre russe.
Quand on pense au coton, on l'associe immédiatement aux vêtements, à l'industrie textile et cosmétique. Mais il est aussi utilisé dans l'armement. Par exemple, le coton est utilisé dans la poudre sans fumée, un type très particulier et recherché, car il permet d'améliorer la portée et la précision des armes à feu. Pour la fabriquer, il faut un produit spécifique du coton : de la nitrocellulose, obtenue en traitant le coton avec un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique.
Pour alimenter son industrie de l'armement en coton, Moscou compte sur ses partenaires asiatiques. La Chine est un exportateur historique vers la Russie, mais ces dernières années, depuis le début de la guerre en Ukraine, c'est surtout en Asie centrale que le Kremlin se fournit. Du temps de l'URSS, la région alimentait déjà toute l'Union soviétique en coton, et visiblement, les choses n'ont pas changé. À en croire les chiffres de l'ONU, l'an dernier, l'Ouzbékistan a exporté pour un peu plus de 430 millions de dollars de coton vers Moscou, presque trois fois plus que la Chine. Ce qui fait de Tachkent le principal partenaire du Kremlin en la matière.
Le coton, un bien à double usageL'Union européenne interdit l'exportation de nitrocellulose vers la Russie. En octobre 2025, Bruxelles a sanctionné Rustam Muminov, surnommé « le roi du coton ». Ce Russo-Ouzbekisto-Britannique contrôle l'usine de Fargona en Ouzbékistan, dont la majorité de la production de pâte de coton, ingrédient essentiel de la nitrocellulose, est destinée à la Russie. En décembre, Rustam Muminov a aussi été placé sur la liste des sanctions du gouvernement britannique.
Pour les alliés de Kiev, il est très difficile de retracer les circuits d'approvisionnement de la Russie en nitrocellulose. « Le coton qui la compose est un bien à double usage », explique Pavlo Shkurenko, expert à la Kyiv School of Economics. C'est un produit qui peut servir à la fois à l'industrie de l'armement et à des équipements civils. Pour Pavlo Shkurenko, le meilleur moyen pour les Européens d'agir, c'est d'imposer des sanctions secondaires : « Dès lors qu'une compagnie ouzbèke commerce avec Moscou, assure-t-il, elle serait sanctionnée par l'UE et réfléchirait à deux fois avant de s'y reprendre. »