Présidentielle en France: le LR Bruno Retailleau cherche à élargir le chemin vers l'Élysée
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Candidat depuis bientôt deux mois, le LR Bruno Retailleau peine à faire décoller sa campagne présidentielle. Ce week-end, l’ancien ministre de l’Intérieur monte sur scène pour son premier grand meeting à Paris. L'unité affichée n'est que de façade.
Au début, ce devait être un événement majeur de la campagne. Le meeting du parc Floral était censé incarner l’unité affichée d’une famille politique, répondre à une attente réelle dans l’opinion et présenter une candidature capable de rivaliser avec les autres prétendants du bloc central. Pourtant, alors que Gabriel Attal est déjà monté sur les planches et qu’Édouard Philippe tiendra lui aussi un meeting le 5 juillet prochain, l’événement est désormais présenté de manière plus mesurée. Ce qui était initialement qualifié de « moment important » et de « rendez-vous incontournable » est devenu un simple « passage obligé », « pas nécessairement le point de bascule ».
Un rassemblement qui peine à se faireCette minimisation traduit une réalité plus inconfortable : rien ne se déroule pour l’instant comme espéré pour Bruno Retailleau. Le candidat reste scotché autour de 10 % d’intentions de vote dans la plupart des sondages publiés ces dernières semaines. Malgré le soutien des militants et le renforcement de son emprise sur le parti dans les fédérations locales, il ne parvient pas à rassembler derrière lui les grandes figures de la droite. Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand seront ainsi absents du meeting de samedi. Le premier, rival déclaré, souhaite une primaire ouverte de la droite à l’extrême droite ; le second envisage lui aussi de se présenter et critique régulièrement les ambiguïtés de Bruno Retailleau vis-à-vis de l’extrême droite. Si Valérie Pécresse, Michel Barnier ou Gérard Larcher seront bien présents, ils plaident régulièrement pour un candidat unique de la droite et du centre, quitte à ce qu’il ne soit pas issu des Républicains. Cette situation reflète une inquiétude croissante : celle de voir Bruno Retailleau s’enferrer dans une candidature coûte que coûte, au risque d’éparpiller les voix du bloc central et d’ouvrir la voie à un second tour RN/LFI lors de la présidentielle de 2027.
Une stratégie à ajusterPour l’instant, l’intéressé refuse de quitter la course. Ce n’est pas une surprise. Avant l’été 2026, il est encore trop tôt, surtout pour un parti qui doit impérativement présenter un candidat. Mais la « route » que Bruno Retailleau entend tracer « droit devant lui » connaît déjà quelques ajustements. Sa mesure phare, la modification de la Constitution pour permettre un référendum sur l’immigration, ne sera finalement dévoilée qu’à la rentrée, et non ce mois-ci. Il publiera également un livre à la fin de l’été, avec l’espoir de décoller dans les sondages à l’automne. Le plan est désormais d’élargir un socle électoral perçu comme trop conservateur, qui lui offre un accès potentiel à l’Élysée, mais par un chemin jugé très étroit, voire trop étroit, de l’aveu même de l’un de ses proches soutiens.