Pourquoi les humains sont-ils parfois pires que les pollutions?
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Y a-t-il une vie après la catastrophe ? À Tchernobyl ou Fukushima, partout où la présence humaine disparait, les plantes et les animaux prospèrent, même dans les pires conditions.
C’est l'un des endroits les plus sinistrés de la planète : la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. L'explosion d'un des réacteurs en 1986 a provoqué la pire catastrophe nucléaire de l'humanité. Une zone d'exclusion de plusieurs milliers de kilomètres carrés a dû être créée à cheval entre l'Ukraine et la Biélorussie. Une zone sans humains, mais avec beaucoup d'autres animaux : petit à petit, la vie a repris à Tchernobyl.
C'était pourtant mal parti, après la mort de tous les arbres, devenus rouges. On a cru que Tchernobyl resterait un désert. Mais la végétation est repartie. Les animaux sont revenus, et notamment des mammifères : des lynx, des loups, des bisons. On a aussi introduit à Tchernobyl le cheval de Przwevalski, utilisé un peu comme cobaye ; il a pu se reproduire et sa population a augmenté.
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Radioactivité et activités humainesLe même phénomène a été observé à Fukushima, après l'accident de la centrale nucléaire en 2011. Le départ des humains a laissé les autres animaux prospérer. On a même observé un ours noir d'Asie, une espèce menacée dont on croyait qu'il avait disparu de la région. On a aussi découvert une nouvelle espèce de sanglier, issue de l'accouplement entre un sanglier sauvage et un cochon d'élevage échappé au moment de la catastrophe. Comme si les animaux préféraient la radioactivité aux activités humaines.
Mais tout n'est pas complètement rose. À Tchernobyl, il y a un contre-exemple parfait : un champignon qui se porte bien, très bien, qui pousse sur le site même de la centrale. Mais voilà, c'est un champignon radiotrophe, c'est-à-dire qu'il se nourrit de la radioactivité. S'il prospère, en fait, ce n'est pas très bon signe. On a aussi noté une espérance de vie plus courte chez des animaux ou des malformations chez des oiseaux. Une grenouille est aussi particulièrement étudiée, en tant qu’animal sentinelle : à Tchernobyl comme à Fukushima, les catastrophes nucléaires ont entrainé une modification de son ADN.
Zones fantômes bien vivantesMais la radioactivité semble finalement moins néfaste que la présence humaine, comme si rien n'était pire pour la vie que la vie humaine. C'est le cas aussi de la zone d'exclusion militaire entre les deux Corées, un no man’s land en vigueur depuis 1953, une bande de 4 kilomètres de large et longue de 250 kilomètres, truffée de mines... La DMZ est un véritable sanctuaire, un corridor écologique, avec plus de 6 000 espèces végétales et animales recensées. Et parmi elles, le tiers des espèces menacées de Corée du Sud.
L'atoll de Bikini, dans le Pacifique, utilisé par les États-Unis pour leurs premiers essais nucléaires, et inhabité aujourd'hui, abrite d'incroyables récifs coraliens. Cap Canaveral, aux Etats-Unis, d'où décollent les fusées de la Nasa, se trouve au milieu d'un parc naturel, avec des restrictions d'accès qui font le bonheur des lamentins, des tortues et des alligators. Il y ainsi de très nombreux exemples où la nature reprend ses droits, sur d'anciens sites industriels, même sur des sols contaminés et pollués. Des plantes qui colonisent le béton abandonné. Une renaturation involontaire. Des zones fantômes peuplées d'être bien vivants pourvu qu'ils ne soient pas humains. Comme si la défaite de l'humanité était une victoire pour le reste du vivant.