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Pourquoi la tech menace-t-elle la planète?

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Alors que s'ouvre à Las Vegas le CES, le plus grand salon au monde consacré à l'électronique grand public, quels sont les risques que font peser les nouvelles technologies sur le climat et l'environnement ? C’est le grand rendez-vous mondial de tous les geeks et autres passionnés d’innovations technologiques : le CES, organisé chaque année à Las Vegas aux États-Unis. Les nouvelles technologies, plus si nouvelles d'ailleurs pour certaines, sont un moteur indéniable de croissance économique. Elles ont aussi leur utilité pour l'environnement, mais à quel prix ? La course à la nouveauté, célébrée à Las Vegas, entraine une surconsommation souvent délétère. À lire aussiLes start-ups marocaines, véritables pépites du CES de Las Vegas Les déchets, d’abord, sont un problème planétaire. Quand ils ne finissent pas dans la nature, nos vieux téléphones dorment dans un tiroir. Rien qu'en France, il y en aurait 50 millions, alors que 80 % des composants pourraient être récupérés. Dans le monde, les déchets électroniques augmentent ainsi cinq fois plus vite que leur recyclage, alors que les smartphones contiennent quantité de métaux plus ou moins précieux, comme l’or, l’argent et ce qu’on appelle les métaux rares. Terres rares, pollution fréquente On parle de terres rares parce qu’il faut forer en quantité pour isoler quelques grammes de ces métaux indispensables à la tech. Pour un ordinateur qui pèse 2 kilos, il faut extraire 800 kilos de matières premières, dont ces fameuses terres rares. Leur exploitation n’est pas anodine pour l’environnement. « C’est d’abord un trou dans le sol, ça s’appelle une mine. Le raffinage des terres rares et leur purification sont des processus extrêmement polluants, énergivores, consommateurs d’eau, rejetant toutes sortes de produits chimiques dans l’environnement », explique Guillaume Pitron, journaliste et chercheur associé à l'IRIS, l'Institut des relations internationales et stratégiques. Cette course aux terres rares, au profit notamment de l’industrie numérique, a aussi des conséquences géopolitiques. On parle ici de « colonialisme vert ». « Les États occidentaux ne veulent pas assumer la pollution associée au raffinage et à l’extraction des terres rares et autres métaux critiques et ils sous-traitent à des pays qui acceptent de se polluer. Ce sont en gros les pauvres qui creusent et ce sont les riches qui voudraient tirer le meilleur parti de la ressource mais en ne mettant pas les mains dans le cambouis », constate Guillaume Pitron, qui a écrit un livre intitulé La guerre des terres rares. Crise énergétique La tech présente aussi une lourde facture énergétique. Pour ne parler que des datacenters, les centres de données qui font marcher l'intelligence artificielle, ils représentent aujourd'hui 3 % de la consommation d'électricité mondiale et la hausse est exponentielle. Y a-t-il risque de panne générale d'électricité ? « Les besoins des datacenters sont organisés de sorte que le risque de pénurie d’électricité soit évité, répond Guillaume Pitron. Ces industries ont les moyens de se fournir en électricité mais également de la produire eux-mêmes, avec des fermes solaires ou des miniréacteurs nucléaires. » Pour autant, il peut exister des conflits d'usage et des conflits locaux entre les industriels et les consommateurs comme vous et moi. En Irlande par exemple, plus de 20 % de l'électricité est consommée par les datacenters. Aux États-Unis, le prix de l'électricité augmente à cause des datacenters. On relance les vieilles centrales à charbon, très polluantes. En Inde aussi, on a dû annuler la fermeture de centrales à charbon. Sans parler de la consommation d'eau pour refroidir les serveurs. À lire aussiAu CES de Las Vegas, la tech se révèle enjeu économique et géopolitique mondial Face à ce bilan accablant, que font les entreprises de la tech, alors que leur réputation est en jeu et leur modèle économique aussi ? Elles n’en font pas assez. « Ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui, estime Guillaume Pitron. Les entreprises regardent progressivement ces sujets. Les regardent-elles suffisamment ? Je dirais non. Commencent-elles à s’y mettre ? Oui. Est-ce assez rapide ? Non. Est-ce que leur capacité à répondre à ces enjeux environnementaux va aller suffisamment vite et va aller plus vite que l’accroissement de nos usages ? » À la pointe de l'innovation, la tech aurait ainsi toujours un train de retard.
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