Pourquoi la fonte des glaciers entraîne des catastrophes?
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概要
Quinze millions de personnes sont directement menacées dans le monde par de véritables tsunamis de montagne provoqués par la fonte des glaciers et la rupture brutale de lacs glaciaires. Les drames se multiplient avec le réchauffement climatique.
Une situation catastrophique qui peut engendrer des catastrophes. L'état des glaciers, partout dans le monde, se dégrade à mesure que le réchauffement climatique s'aggrave. Un phénomène facile à comprendre : plus il fait chaud, plus la glace fond. À tel point que les Nations unies ont créé l'an dernier une Journée mondiale des glaciers, chaque 21 mars. En 2024, 450 milliards de tonnes d’eau ont fondu, l’équivalent de 180 millions de piscines olympiques ou d'un énorme cube de glace de 7 kilomètres de côté…
Cette eau qui fond retourne à la mer – et c’est l’une des causes de la montée du niveau des océans. Généralement, quand tout va bien, cette eau s’écoule progressivement dans les rivières et dans les fleuves après s'être accumulée dans des lacs formés au pied des glaciers ou sous les glaciers. Des lacs de plus en plus nombreux avec la crise climatique. « Quand les glaciers se retirent, quand ils reculent, il y a souvent des dépressions au fond des glaciers. C'est là que l'eau va s'accumuler, explique Olivier Gagliardini, professeur à l’Université de Grenoble, dans les Alpes, glaciologue à l'Institut des géosciences de l'environnement. Pour la plupart de ces lacs, cela ne présente aucun danger. Si c'est du rocher, si c'est du granit, il n'y aucun problème. En revanche, si c'est de la glace, ça peut être problématique parce que ce barrage pourrait céder et laisser partir un gros volume d'eau dans la vallée ». Et là, c’est la catastrophe.
Tsunamis en montagneDe véritable tsunamis peuvent déferler de la montagne, et il y en a de plus en plus puisque les glaciers fondent de plus en plus. C’est par exemple ce qui s’est passé en 2024 dans les Alpes françaises : le hameau de la Bérarde avait été complètement enseveli par la rupture d’un lac glaciaire, avec près de 1,5 million de mètres cubes d’eau, de roche et de boue, des gravats jusqu’à 15 mètres de haut. Il n'y eut heureusement aucune victime, les villageois ayant été évacués.
Dans l’Himalaya, en revanche, en 2023, une immense vague avait tué près de 200 personnes. « Si on parle de l'Himalaya, on est à une autre échelle, souligne Olivier Gagliardini. Les lacs sont dix, cent, mille fois plus gros que ceux que l'on a [dans les Alpes]. La différence, c'est qu'ils sont beaucoup plus éloignés des enjeux [des populations, des infrastructures]. Les vallées sont beaucoup plus grandes mais il y a des catastrophes. Ces vidanges de lacs soudaines viennent endommager notamment des barrages hydroélectriques ».
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Populations menacéesLa situation n'est pas près de s'améliorer. « On entre vraiment, ou on est déjà entré en fait, dans des décennies qui vont être un peu compliquées », euphémise le chercheur. On estime ainsi que 15 millions de personnes, dans le monde, sont menacées par ces vidanges brutales de lacs glaciaires, principalement en Inde, en Chine, au Pakistan et au Pérou.
Les lacs glaciaires ne sont d'ailleurs pas la seule menace. Le réchauffement climatique fragilise les glaciers eux-mêmes, il les déséquilibre. Il y a aussi la fonte du permafrost, ce sol gelé en permanence, normalement.... C'est ce qui a causé la catastrophe de Blatten, un village en Suisse rayé de la carte en 2025 par une avalanche d'eau et de roche, de la roche qui s'était détachée de la montagne en raison de la fonte du permafrost. « Ces rochers tombent sur le glacier du Birsch avec de gros volumes, notamment dans les derniers jours, jusqu'à ce qu'il y ait le rocher de trop. Le pauvre glacier du Birsch qui est sous tous ces rochers ne peut plus porter ce poids et il finit lui-même par s'écrouler, entraînant avec lui tous les rochers qui s'étaient accumulés à sa surface », raconte Olivier Gagliardini. Mais terminons par une note d’espoir : ce genre de catastrophe est voué à disparaître, quand, à la fin du siècle, la quasi-totalité des glaciers aura disparu...