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Pourquoi la Formule 1 est-elle absente du continent africain depuis 33 ans?

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概要

Les pilotes les plus rapides du monde reviennent ce week-end, avec la reprise de la Formule 1 et le Grand Prix d'Australie ce dimanche 8 mars. Pour la 33ᵉ saison consécutive, les monoplaces de la catégorie reine du sport automobile ne rouleront pas sur le continent africain. Une absence qui s'explique par de nombreux facteurs. 14 mars 1993, sur le circuit de Kyalami, en banlieue de Johannesburg : le Français Alain Prost, au volant de sa Williams, devance le Brésilien Ayrton Senna et s’impose au terme des 72 tours du Grand Prix d’Afrique du Sud. Depuis cette date, la Formule 1 ne s’est plus jamais rendue en Afrique, au grand dam de certains pilotes, à commencer par Lewis Hamilton. Ces dernières années, le septuple champion du monde n’a pas caché son envie d'aller en Afrique, multipliant les prises de parole et pressant même les organes de la Formule 1 d’accélérer les discussions. Ce jeudi 5 mars, il s’est à nouveau exprimé, assurant « ne pas vouloir quitter le sport sans avoir eu un Grand Prix » africain. Dans le paddock, ces dernières années, des rumeurs ont d’ailleurs entrouvert la possibilité d’un retour. Plusieurs projets en Afrique du Sud, au Rwanda ou au Maroc Il y a d’abord eu le candidat naturel : l’Afrique du Sud et son circuit de Kyamali. « Ils parlent d’un retour de la F1 depuis 2017 », glisse Gaël Angleviel, journaliste spécialisé en sports mécaniques. « Le circuit n’est pas du tout à l’abandon, il accueille d’ailleurs d’autres compétitions. Warren Scheckter, le neveu du champion du monde sud-africain Jody Scheckter, s’était d’ailleurs positionné pour essayer de faire revenir la F1 à Kyalami. » Après 6 ans de négociations, en 2023, le projet est tombé à l’eau. « Le promoteur a été un petit peu trop gourmand aux yeux de la Fédération internationale de l’automobile (FIA) », raconte Gaël Angleviel. Fin 2024, le Rwanda avait lui aussi des velléités d’accueillir la Formule 1. Son président Paul Kagame a même officiellement déposé la candidature de son pays, lorsqu’il a reçu le gala de la FIA et sa traditionnelle remise de prix. « Mais on en est vraiment au stade du balbutiement », explique Gaël Angleviel. « Les autorités ont défini l’emplacement, qui devrait être proche du futur aéroport de Bugesera. Mais on attend encore un promoteur et un projet financier solides. » Autre rumeur, celle d’un Grand Prix du Maroc. Le Royaume a déjà accueilli une épreuve du championnat, à Casablanca, en 1958. Cette fois, c’est à Tanger qu’un projet se dessine, porté par le Français Éric Boullier, un temps à la tête de l’écurie Lotus. Mais, là encore, aucune négociation concrète n’a été entamée. À lire aussiLe Rwanda se porte officiellement candidat à l'organisation d'un Grand Prix de Formule 1 sur son sol « Jusqu’à 700 millions de dollars hors circuit. » Si les projets mettent autant de temps à se développer, c’est que les discussions avec la FIA sont très longues. « Il faut d’abord qu’un promoteur privé acquière un terrain », explique Marc Limacher, spécialiste de l’économie de la Formule 1 et auteur chaque année du Business Book GP. « Ensuite, ce promoteur entame des discussions avec les détenteurs de la F1, le groupe Liberty Media, et dépose un dossier, en mettant sur la table un dépôt qui tourne autour des 5 millions de dollars. » Vient ensuite la deuxième phase, celle des travaux, puisque pour accueillir les monoplaces les plus rapides du monde, un circuit doit être homologué « grade 1 » et répondre à des normes de sécurité très strictes. C’est seulement une fois cette homologation acquise que les négociations formelles peuvent débuter entre Liberty Media, la FIA et le promoteur du circuit. « Ça coûte extrêmement cher d’organiser tous les ans un Grand Prix de Formule 1 », explique Marc Limacher. « Ce sont des contrats entre 5 et 7 ans qui peuvent monter jusqu’à 700 millions de dollars hors circuit. » Lors des négociations, de nombreux paramètres entrent en compte : infrastructures, accessibilité, retombées économiques... Ainsi, les instances dirigeantes demandent une garantie de l’État systématique. « Tous les circuits du calendrier ont actuellement une garantie étatique en cas de défaillance », souligne Marc Limacher. L’absence de cette garantie explique, en partie, que la Formule 1 ne se rende pas en Afrique. Mais c’est loin d’être le seul facteur. Il y a aussi la concurrence internationale féroce, avec « énormément de pays qui veulent accueillir la F1 », estime Gaël Angleviel. « Or le calendrier est déjà très chargé, avec déjà 24 dates à l’année. Et si on commence à empiler les courses tous les week-ends, on risque de lasser le public. » Les pays du Golfe et les États-Unis sont très ...
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