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Pourquoi la Chine et le Pakistan s’activent ensemble face à la guerre au Moyen-Orient

Pourquoi la Chine et le Pakistan s’activent ensemble face à la guerre au Moyen-Orient

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L’onde de choc de la guerre au Moyen-Orient bouleverse les intérêts vitaux de Pékin et d'Islamabad. Les deux partenaires asiatiques ont proposé cette semaine un plan de paix entre les États-Unis et l’Iran. Qu'attendre du plan en cinq points annoncé à Pékin le 31 mars ? Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi recevait son homologue pakistanais Ishaq Dar, et l'important était de se placer ensemble. Parmi les points saillants du plan : cessez-le-feu immédiat, discussions de paix et bien sûr, le crucial rétablissement de la circulation dans le détroit d’Ormuz. Islamabad a besoin de Pékin à cause d'une angoisse nouvelle : le manque de fiabilité de Washington. Les pays du Golfe sont vulnérables aux frappes iraniennes malgré les bases américaines sur leur sol. Il faut donc une autre grande puissance garante de la paix, en plus du groupe des quatre pays réunis par Islamabad pour intercéder entre l’Iran et les États-Unis : à savoir, l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte et donc le Pakistan. Pékin aux côtés d’Islamabad, de l’Iran à l’Afghanistan La Chine est également le partenaire implicite du Pakistan dans sa guerre avec l’Afghanistan. C’est en effet à Urumqi, capitale de la région ouïghoure du Xinjiang dans l’ouest de la Chine, qu’ont débuté le 2 avril les négociations entre diplomates pakistanais et afghans. Des pourparlers à la demande de Pékin, qui s’est offert comme médiateur de ce conflit, le pire entre les deux voisins de l’Asie du Sud depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021, des centaines de victimes et plus de 115 000 déplacés. Islamabad accuse les talibans d’abriter des militants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Aussi appelés talibans pakistanais, ils mènent, toujours selon Islamabad, une insurrection sur le territoire du Pakistan. Accusation rejetée par les Talibans afghans, pour qui c’est un problème interne à Islamabad. Ces deux guerres, d’un côté au Moyen-Orient et de l’autre entre Afghanistan et Pakistan, sont catastrophiques pour les Nouvelles routes de la soie chinoises. Outre son approvisionnement en pétrole, Pékin veut protéger et sécuriser ses voies commerciales. Et ne pas dilapider ses dizaines de milliards de dollars investis dans le corridor économique Chine-Pakistan. Mais aussi dans sa ligne ferroviaire de marchandises avec l’Iran, soit 10 000 km reliant Xi'an, au centre de la Chine, à Téhéran. Le Pakistan, médiateur stratégique pour éviter l’effondrement Cependant, le partenariat avec Pékin ne va pas tout résoudre pour Islamabad. Les Chinois ont certes leur place désormais sur la scène diplomatique du Moyen-Orient à l’Asie du Sud, mais pas de bases militaires ailleurs qu’à Djibouti. Pour l’instant, la Chine, c’est de l’argent et des mots, mais pas des armes. Et donc pas une solution de remplacement au parapluie militaire américain pour le Pakistan. Résultat, Islamabad doit affronter une crise multiple inédite. C’est même ce que l’on appelle une crise de corrélation : pas de lien de cause à effet, mais un ensemble de stratégies qui s'effondrent en même temps, alors qu'elles protégeaient le Pakistan depuis des décennies. Le soutien aux talibans afghans donnait une profondeur stratégique face à l’Inde ? Aujourd’hui, ils sont l’ennemi. L’Iran était censé être un voisin gérable pour empêcher une insurrection au Baloutchistan à cheval sur la frontière ? Voilà que Téhéran s’affaiblit. Sans oublier la crise économique abyssale au Pakistan, encore aggravée par la guerre contre l'Iran. Une guerre dans laquelle Islamabad pourrait être entraîné si l'Arabie saoudite lui demandait d'honorer son accord de défense mutuelle signé en 2025. Face à ce vertige, le Pakistan, État doté de l’arme nucléaire, se pose comme le médiateur incontournable pour les États-Unis et la Chine. Mais jusqu'à quand ce jeu d'équilibriste ? C'est ce qui inquiète à Pékin, comme à Washington. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: la Chine et le Pakistan présentent un plan en cinq points pour une résolution du conflit
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