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Pourquoi «le Giec de la pollution» arrive-t-il aussi tard?

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概要

Le Groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution se réunit pour la première fois cette semaine, alors que le phénomène est aussi vieux que la Révolution industrielle du XIXe siècle et tue plus que les guerres, le sida ou la crise climatique.

Une grande première pour une tragédie ancienne. La première réunion du Groupe intergouvernemental scientifique et politique sur les produits chimiques, les déchets et la pollution a commencé lundi 2 février 2026 à Genève, en Suisse. On le surnomme « le Giec de la pollution », en référence au groupe des experts internationaux sur le climat, qui publiait son premier rapport en 1990, un quart de siècle après les premières études scientifiques sur le changement climatique provoqué par les activités humaines. Le Giec de la pollution arrive bien plus tard. Est-ce trop tard ?

On sait que la pollution, également d’origine anthropique, existe depuis le début de la Révolution industrielle, quand les feuilles des arbres se couvraient de noir à cause du charbon. L’écrivain britannique Charles Dickens évoquait déjà le fameux smog londonien, ce brouillard provoqué par les poussières industrielles, dans un roman publié au milieu du 19e siècle.

9 millions de morts par an

La pollution n’est pas un phénomène récent et ses effets sur la santé ne sont pas négligeables. On commence à mourir du climat, mais on meurt déjà beaucoup et depuis longtemps de la pollution. Elle provoque chaque année 9 millions de morts prématurées dans le monde, plus d'un décès sur dix. La pollution tue plus que les guerres, le sida, ou même le climat. La crise climatique ne tue « que » 600 000 personnes par an. Et alors qu’on parle beaucoup des Cop, les sommets pour le climat, alors qu’il existe aussi des Cop sur la biodiversité et sur la désertification, la pollution, les pollutions, elles, passent un peu en-dessous des radars, alors que les constats sont tout aussi alarmants.

Plusieurs dizaines de milliers de produits chimiques sont en circulation sur la planète – on peut à cet égard saluer la créativité humaine. Il y a tous ces mots qu’on entend presque chaque jour, désormais : plastique, microplastiques, particules fines, PFAS, les fameux polluants éternels qui s’immiscent partout et pour toujours. On boit des PFAS et on mange des pesticides. À tel point qu’aujourd’hui, on est tous contaminés. On a des microplastiques dans le cerveau. On nait déjà contaminé. Oui, les bébés naissent déjà le corps pollué…

On consomme de la pollution

D'ailleurs on n'est pas sûr d'en mourir, ou alors pas tout de suite, on peut juste être malade de la pollution. On en est venu à inventer une expression : les cancers environnementaux. Un autre chiffre suffit à mesurer l'ampleur du problème : les maladies provoquées par une exposition aux produits chimiques représentent plus de 10% du produit intérieur brut mondial, plus de 10 000 milliards d’euros par an.

Comment s’explique alors cette relative indifférence ? Sur le climat, il y a un ennemi identifié, le CO2 et les producteurs d'énergies fossiles. Mais sur la pollution chimique, il y a des milliers et des milliers de coupables. Les données et les études sont dispersées. Les scandales multiples mais isolés, microéconomiques. Le principe de précaution est à géométrie variable. Enfin les lobbies sont beaucoup plus nombreux, présents dans de nombreux secteurs : l'automobile, l'agriculture, l'agroalimentaire, les emballages, les vêtements, les produits de beauté... Partout il y a de la pollution chimique, dans tout ce qu'on consomme au quotidien. S'y attaquer, c'est aussi, d'une certaine manière, remettre en cause nos habitudes de consommation et notre mode de vie. C'est réaliser que cette belle idée du progrès recouvre une réalité beaucoup plus sale.

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