『Pour le birr, la monnaie éthiopienne, 2025 a été une année difficile』のカバーアート

Pour le birr, la monnaie éthiopienne, 2025 a été une année difficile

Pour le birr, la monnaie éthiopienne, 2025 a été une année difficile

無料で聴く

ポッドキャストの詳細を見る

このコンテンツについて

Cette année, le birr, la devise éthiopienne, a subi une chute historique. En un an et demi, elle a perdu plus de 150 % de sa valeur. Pour les entreprises du pays, l’impact de cette dépréciation record est mitigé : si elle profite aux exportations, les entreprises publiques, elles, essuient des pertes de bénéfices.

De notre correspondante à Addis-Abeba,

Jamais le birr n’avait connu une telle chute : fin novembre, dans les bureaux de change, un dollar s’échangeait contre 177 birrs. Soit 165 % de plus qu’en juillet 2024, lors de la mise en place d’une réforme du gouvernement, qui a modifié radicalement le régime de change en Éthiopie. Avant cette date, le taux de change du birr était fixé chaque jour par la Banque centrale. Depuis la réforme, celui-ci est déterminé par les marchés financiers. Une réforme « nécessaire », selon Getachew Teklemariam Alemu, économiste à l’Union africaine.

« Il existait deux types de taux de change à l'époque : le budget de l'État était par exemple calculé selon un taux de change officiel. Mais les importations et les exportations étaient, elles, tarifées sur la base du taux de change parallèle. Il existait donc un important décalage entre l'économie formelle et l'économie informelle », détaille-t-il. Bien qu’impressionnante, la dépréciation immédiate du birr qui a suivi l’annonce de la réforme a eu des effets positifs sur l’export, détaille Getachew Teklemariam Alemu. « Ces treize ou quatorze dernières années, les exportations de marchandises se sont toujours situées aux alentours de trois milliards de dollars. Mais l’année dernière, en 2024, elles ont augmenté de manière significative, à 8,3 milliards de dollars », poursuit-il.

À lire aussiL'Éthiopie libéralise son régime de change et obtient une aide de 3,4 milliards du FMI

Perte de 70 % pour Ethio Telecom

Des bénéfices en hausse, dont témoigne aussi Kiroubel Siyoum, chef des opérations au sein de la marque emblématique de café Tomoca. « La dépréciation a impacté notre entreprise. Pour les exportations par exemple, ça a été un boost. À long terme, c’est une opportunité potentielle, puisque nos produits seront plus compétitifs, et cela nous rapportera plus de gains », espère-t-il. Mais les entreprises publiques peinent, elles, à faire face à cette chute vertigineuse. Au cours de l’exercice 2024/2025, Ethio Telecom, l’opérateur de télécommunications géré par l’État, a ainsi accusé une perte de 70 % de ses bénéfices net.

« Le problème est le suivant : pour les entreprises comme Ethio Telecom, la plupart de leurs dettes sont libellées en devises étrangères, tandis que leurs revenus sont en birr. En conséquence, le montant de birrs éthiopiens qu’elles doivent collecter pour régler leurs dettes en devises étrangères a considérablement augmenté, en raison du taux sur le marché. Maintenant, la même dette leur coûte trois fois plus cher qu'avant la réforme », détaille l’économiste Getachew Teklemariam Alemu. La dépréciation impacte aussi lourdement les Éthiopiens. En 2025, l’inflation s’élevait à plus de 13 %.

À lire aussiÉthiopie: l'inflation due aux conflits et aux chocs climatiques fait rebondir la pauvreté

まだレビューはありません