『Poésie française』のカバーアート

Poésie française

Poésie française

著者: Jean-Paul Szybura
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概要

Poésie françaiseJean-Paul Szybura アート
エピソード
  • À celle dont ils rêvent (Paul Éluard)
    2026/04/20

    Neuf cent mille prisonniers
    Cinq cent mille politiques
    Un million de travailleurs

    Maîtresse de leur sommeil
    Donne-leur des forces d’homme
    Le bonheur d’être sur terre
    Donne-leur dans l’ombre immense
    Les lèvres d’un amour doux
    Comme l’oubli des souffrances

    Maîtresse de leur sommeil
    Fille femme soeur et mère
    Aux seins gonflés de baisers
    Donne-leur notre pays
    Tel qu’ils l’ont toujours chéri
    Un pays fou de la vie

    Un pays où le vin chante
    Où les moissons ont bon coeur
    Où les enfants sont malins
    Où les vieillards sont plus fins
    Qu’arbres à fruits blancs de fleurs
    Où l’on peut parler aux femmes

    Neuf cent mille prisonniers
    Cinq cent mille politiques
    Un million de travailleurs

    Maîtresse de leur sommeil
    Neige noire des nuits blanches
    À travers un feu exsangue
    Sainte Aube à la canne blanche
    Fais-leur voir un chemin neuf
    Hors de leur prison de planches

    Ils sont payés pour connaître
    Les pires forces du mal
    Pourtant ils ont tenu bon
    Ils sont criblés de vertus
    Tout autant que de blessures
    Car il faut qu’ils se survivent

    Maîtresse de leur repos
    Maîtresse de leur éveil
    Donne-leur la liberté
    Mais garde-nous notre honte
    D’avoir pu croire à la honte
    Même pour l’anéantir.

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    2 分
  • Le mot (Victor Hugo)
    2026/03/24

    Braves gens, prenez garde aux choses que vous dîtes !
    Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
    Tout, la haine et le deuil !
    Et ne m’objectez pas
    Que vos amis sont sûrs
    Et que vous parlez bas…
    Écoutez bien ceci :
    Tête-à-tête, en pantoufle,
    Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
    Vous dîtes à l’oreille du plus mystérieux
    De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
    Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
    Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
    Un mot désagréable à quelque individu.
    Ce mot, que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
    Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
    Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
    Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
    Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
    De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
    Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
    Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
    Il suit le quai, franchit la place, et cætera
    Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
    Et va, tout à travers un dédale de rues,
    Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
    Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
    Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
    Et railleur, regardant l’homme en face dit :
    « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
    Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

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    2 分
  • Une allée du Luxembourg (Gérard de Nerval)
    2026/02/09

    Elle a passé, la jeune fille
    Vive et preste comme un oiseau
    À la main une fleur qui brille,
    À la bouche un refrain nouveau.

    C’est peut-être la seule au monde
    Dont le cœur au mien répondrait,
    Qui venant dans ma nuit profonde
    D’un seul regard l’éclaircirait !

    Mais non, – ma jeunesse est finie …
    Adieu, doux rayon qui m’as lui, –
    Parfum, jeune fille, harmonie…
    Le bonheur passait, – il a fui !

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    1 分
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