エピソード

  • 1961 : entre twist, Mur de Berlin et Maigret à Ostende
    2026/02/08
    En 1961, la Belgique vit encore sous l’ombre de la grande grève de l’hiver 1960-1961, l’un des plus importants mouvements sociaux de son histoire. Les discussions se font à voix basse dans les cuisines, autour d’une bière Jupiler ou d’un verre de bière de table, tandis que la radio diffuse des nouvelles parfois anxiogènes. La télévision en noir et blanc, encore rare, est presque sacrée : on ferme les rideaux, on baisse la lumière, on se tait pendant le journal télévisé. Les intérieurs sont chaleureux, chargés de meubles en bois foncé, de napperons crochetés et de photos de famille. La vie quotidienne est rythmée par les petits commerces de quartier, les cafés du village et les promenades en famille.

    La société reste très codifiée. Les femmes portent robes élégantes, gants et manteaux bien coupés ; les hommes sortent en veste et cravate, surtout le dimanche pour la messe. En cuisine, on prépare des plats mijotés : carbonnades flamandes, lapin à la moutarde, rôti dominical. L’arrivée d’un frigo, d’une machine à laver ou d’une cuisinière moderne est vécue comme un véritable progrès, même si certaines ménagères continuent à laver le linge délicat à la main. L’été, on part à la mer du Nord, à Ostende, Blankenberge ou La Panne, pour des vacances simples, entre gaufres chantilly, cuistax et croquettes de crevettes.

    Sur le plan culturel, 1961 est une année intense. En littérature, Les Damnés de la Terre de Frantz Fanon marque les esprits par sa réflexion sur la décolonisation. Catch-22 de Joseph Heller choque par son humour noir et sa critique de l’absurdité militaire. En Belgique, Georges Simenon reste omniprésent avec Maigret et le voleur paresseux, lu partout, des trains aux cafés. Le prix Nobel de littérature est attribué à Ivo Andrić, tandis que la disparition d’Ernest Hemingway bouleverse le monde des lettres.

    Au cinéma, West Side Story triomphe avec Natalie Wood, Rita Moreno et George Chakiris, remportant dix Oscars. Le public rit aussi avec La Belle Américaine de Robert Dhéry et frissonne avec Le Cave se rebiffe porté par Jean Gabin.

    Dans le monde, 1961 marque l’entrée de l’humanité dans l’ère spatiale : le 12 avril, Yuri Gagarin devient le premier homme dans l’espace. Quelques mois plus tard, la construction du Mur de Berlin coupe l’Europe en deux, déchirant des familles pendant près de trente ans. Aux États-Unis, John F. Kennedy incarne une nouvelle génération, crée le Peace Corps, mais autorise aussi le désastre de la baie des Cochons à Cuba. En Belgique, la crise politique se poursuit après la perte du Congo, avec la chute du gouvernement Eyskens et l’arrivée du gouvernement Théo Lefèvre.

    Enfin, la musique est omniprésente et donne une identité à la jeunesse. On danse le twist sur Let’s Twist Again de Chubby Checker, immense succès de 1961. Johnny Hallyday séduit avec Retiens la nuit, Gilbert Bécaud bouleverse avec Et maintenant, tandis que Stand by Me de Ben E. King devient un hymne universel. Jacques Brel marque les esprits avec Le Moribond. Édith Piaf, affaiblie mais immense, triomphe avec Non, je ne regrette rien et Mon Dieu. Charles Aznavour impose son style avec Je m’voyais déjà. Et à l’Eurovision, Jean-Claude Pascal fait gagner le Luxembourg avec Nous les amoureux.
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    11 分
  • 1971 : de la Lune à Melody Nelson, des pattes d’eph’ à Imagine… une année de bascule
    2026/02/07
    En 1971, le monde est en pleine mutation. En février, la mission Apollo 14 se pose sur la Lune, et l’astronaute Alan Shepard y joue quelques coups de golf, symbole d’un optimisme technologique encore intact. Mais sur Terre, les secousses sont bien réelles : le président Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar en or, bouleversant durablement l’économie mondiale.

    En Belgique, l’année est marquée par la première réforme de l’État : les compétences culturelles sont confiées aux nouvelles communautés, amorçant la décentralisation du pays. Les élections voient la montée des partis régionalistes comme le Rassemblement Wallon, tandis que les agriculteurs manifestent massivement, révélant un profond malaise rural. À l’international, 1971 voit aussi la naissance de Greenpeace, l’ouverture de Walt Disney World, l’introduction de la TVA en Belgique, et une avancée historique en Suisse avec le droit de vote accordé aux femmes.

    Dans les maisons et les villages, le confort moderne s’installe progressivement. Robots ménagers et yaourtières font leur apparition, même si les traditions restent bien ancrées. Le café du coin demeure le centre névralgique de la vie sociale, autour d’une Jupiler ou d’une Stella, pendant que l’on refait le monde. Les pantalons pattes d’éléphant et les cheveux longs marquent la jeunesse, mais les collèges ne sont pas encore tous mixtes, et une femme divorcée reste souvent mal perçue. Les anciens métiers – houilleurs, tanneurs, poinçonneurs – cohabitent encore avec les signes d’une modernité naissante. Au petit déjeuner, on savoure un café au lait accompagné d’une tartine de sirop de Liège ou de fromage de Herve.

    Côté culture, 1971 ose et dérange. En librairie, Malina de Ingeborg Bachmann interroge l’identité féminine, tandis que Georges Simenon poursuit les enquêtes de Maigret. Le prix Nobel de littérature est attribué au poète chilien Pablo Neruda. En France, le Manifeste des 343, rédigé par Simone de Beauvoir et signé notamment par Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Marguerite Duras ou Catherine Deneuve, secoue la société sur la question de l’avortement, préparant le terrain de la future loi Veil.

    Au cinéma, le choc est double : A Clockwork Orange de Stanley Kubrick interroge la violence humaine, tandis que La Folie des grandeurs fait rire le public français avec Louis de Funès et Yves Montand, sur une musique composée par Michel Polnareff.

    Enfin, la musique offre la bande-son de cette année de transition. Michel Delpech adoucit les ondes avec Pour un flirt, Joe Dassin fait rêver avec L’Amérique, tandis que Serge Gainsbourg bouleverse avec l’album Histoire de Melody Nelson. Les Les Poppys, messagers de paix, connaissent un succès international fulgurant. À l’étranger, Rod Stewart chante Maggie May, George Harrison touche le monde avec My Sweet Lord, John Lennon appelle à la paix avec Imagine, tandis que Middle of the Road fait danser avec Chirpy Chirpy Cheep Cheep. En Belgique, on se retrouve dans les bals populaires au son de Mike Brant ou Nicoletta.
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    10 分
  • 1973 : de la moquette marron au choc pétrolier, de Rabbi Jacob à La Maladie d’amour… la fin d’une insouciance
    2026/02/01
    En 1973, le quotidien s’inscrit pleinement dans les années 70. La télévision couleur s’est imposée dans le salon, devenu le cœur de la vie familiale. Les intérieurs osent désormais l’orange, le vert olive et le marron, les papiers peints psychédéliques et les moquettes épaisses envahissent les pièces de vie. Dans la cuisine, les meubles en formica et les appareils électroménagers – réfrigérateur et lave-linge en tête – facilitent un peu le travail des femmes, désormais nombreuses à exercer une activité professionnelle. Pourtant, le dimanche reste sacré, avec le poulet rôti, les frites maison et le pain frais acheté chaque jour chez le boulanger.

    Les adolescents portent des pantalons pattes d’éléphant, des pulls ajustés, les cheveux longs pour les filles comme pour les garçons. L’autorité parentale et scolaire existe encore, mais depuis Mai 68, on discute davantage. La voiture est devenue indispensable et les vacances en famille, à la mer du Nord ou dans le sud de la France, font partie des nouveaux plaisirs accessibles.

    Mais cette dolce vita est brutalement ébranlée en 1973 par le premier choc pétrolier. Conséquence directe de la guerre du Kippour entre Israël, l’Égypte et la Syrie, la décision de l’OPEP de quadrupler le prix du pétrole provoque inflation, ralentissement économique et hausse du chômage. Les fameuses Trente Glorieuses touchent à leur fin. Dans la vie quotidienne, on découvre les dimanches sans voitures, la limitation de vitesse, la réduction de l’éclairage public et de nouveaux mots entrent dans le langage courant : sobriété, économie, dépendance énergétique. Une époque se referme.

    Côté littérature, on continue pourtant de lire beaucoup. Le roman La Lisière de Patrick Grainville fait grand bruit, frôlant le prix Goncourt, tandis que René Barjavel interroge le monde moderne avec son recueil de science-fiction Béni soit l’atome.

    Au cinéma, 1973 est marqué par le choc de The Exorcist de William Friedkin, film dérangeant et controversé. À l’opposé, le public rit avec Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, porté par l’inoubliable Louis de Funès, ou encore avec L’Emmerdeur réunissant Jacques Brel et Lino Ventura. La Grande Bouffe de Marco Ferreri choque et divise, mais ne laisse personne indifférent.

    Enfin, la variété illumine encore cette année de transition. En Belgique, l’émission Chanson à la carte s’installe sur la RTB, tandis qu’en France La Une est à vous permet pour la première fois aux téléspectateurs de choisir leurs programmes. Sur les ondes, Michel Sardou bouleverse avec La Maladie d’amour, Julien Clerc apporte un souffle optimiste avec Si on chantait, Serge Gainsbourg confie sa fragilité dans Je suis venu te dire que je m’en vais. Maxime Le Forestier nous ouvre les portes de La Maison Bleue, et Françoise Hardy murmure Message personnel, sur des mots de Michel Berger.
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  • 1965 : la télévision en noir et blanc, Tintin, les Beatles et Adamo… une année qui entre dans nos salons
    2026/01/31
    En 1965, le monde entre dans les foyers belges par un nouvel objet devenu central : la télévision, encore en noir et blanc. Plus d’un ménage sur deux en possède une. On regarde le Journal parlé en silence, pendant que papa fume dans le salon. La guerre du Vietnam, désormais filmée, n’est plus un conflit lointain : elle s’invite dans le living, suscitant inquiétude et incompréhension. Les informations arrivent aussi par la radio, souvent un meuble en bois blond branché du matin au soir sur la RTB, et par la presse écrite que l’on va chercher chez le libraire, en même temps que le pain frais à 18 francs belges. En Belgique, le roi Baudouin rassure, tandis que les fermetures de charbonnages inquiètent. En France, Charles de Gaulle est réélu, et le monde rend hommage à Winston Churchill. La Grande-Bretagne, elle, abolit la peine de mort.

    La vie quotidienne est réglée et rassurante. À l’école, on écrit à l’encre, on se lève quand le professeur entre, on apprend par cœur. Les enfants reçoivent leur bouteille de lait à la récréation, portent parfois l’uniforme, et s’appellent souvent Nathalie ou Thierry. Les parents travaillent 40 heures par semaine, et le samedi soir, les jeunes se retrouvent autour du juke-box, au bal ou au thé dansant. On danse le twist, on fume beaucoup, très jeune, parfois en cachette. Le monde semble cadré, mais l’envie d’autre chose se fait déjà sentir. On croit au progrès, à la science, à l’avenir : en 1965, l’ingénieur Eric Arthur Johnson invente même le premier écran tactile.

    Côté culture, on lit énormément. Les enfants dévorent Tintin, Spirou, Lucky Luke ou Les Schtroumpfs. Les filles suivent les aventures de Martine, tandis que les garçons vibrent avec Bob Morane de Henri Vernes. Les adultes lisent Françoise Sagan et son roman La Chamade. Au cinéma, The Sound of Music émerveille les familles, porté par Julie Andrews.

    Enfin, 1965 est une grande année de variété. On écoute les 45 tours sur le pick-up, la radio et le juke-box. Johnny Hallyday chante Génération perdue, Françoise Hardy bouleverse avec Mon amie la rose, Claude François fait danser avec J’y pense et puis j’oublie, Sheila rassemble Les copains, Sylvie Vartan illumine les pistes de danse.

    The Beatles électrisent la jeunesse avec Help! et Ticket to Ride, pendant que les Rolling Stones imposent Satisfaction. À la télévision, Mireille Mathieu est révélée, et chez nous, Adamo triomphe avec La Nuit et Vous permettez, Monsieur, confirmant une carrière désormais lancée.
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    11 分
  • 1968 : du formica aux barricades, de Gainsbourg à Hey Jude… une année qui a tout changé
    2026/01/25
    En 1968, la vie quotidienne se déroule souvent autour d’une table en formica, sous la lumière parfois cruelle d’un néon de cuisine. Dans les familles, l’homme reste le chef de famille, tandis que les femmes, de plus en plus nombreuses à travailler, cumulent emploi, ménage et éducation des enfants. Heureusement, le lave-linge, le réfrigérateur et l’aspirateur facilitent un peu le quotidien. Dans les villages, les commerces ambulants rythment les fins de journée : crémier, marchand de pain, poissonnier… autant d’occasions de papoter et d’échanger les rumeurs locales, un petit pain à la main.

    Côté musique et spectacle, 1968 marque une rencontre mythique : Jane Birkin croise la route de Serge Gainsbourg sur le tournage de Slogan. Une relation passionnée et créative débute, qui mènera au scandale de Je t’aime… moi non plus.

    La même année, Jacques Brel triomphe sur scène avec L’Homme de la Mancha, tandis que Claude François voit Comme d’habitude devenir My Way, adapté par Paul Anka puis immortalisé par Frank Sinatra. On fredonne aussi Joe Dassin, Yves Montand, Julien Clerc et les The Moody Blues.

    Mais 1968, c’est avant tout Mai 68. En France, les étudiants et les ouvriers se soulèvent, dressent des barricades et remettent en question l’autorité, la société de consommation et la guerre du Vietnam. Les slogans fleurissent : Il est interdit d’interdire, L’imagination au pouvoir, Faites l’amour, pas la guerre. Le mouvement résonne en Belgique, en Italie, aux États-Unis et en Tchécoslovaquie. Et malgré la révolte, on chante encore Hey Jude des The Beatles, l’un des plus grands succès de l’année.

    Sur le plan littéraire et cinématographique, 1968 est tout aussi marquante. On lit La Plaisanterie de Milan Kundera, La Nuit des temps de René Barjavel, ou encore Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, enfin traduit en français.

    Au cinéma, l’Oscar du meilleur film est attribué à Dans la chaleur de la nuit, porté par l’immense Sidney Poitier, un film engagé contre le racisme.
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  • 1977 : de Studio 54 à Star Wars, d’Elvis à la fondue bourguignonne… une année culte
    2026/01/24
    1977, c’est d’abord une année de naissances marquantes : Virginie Efira, Emmanuel Macron, Sarah Biasini, Christophe Beaugrand… et peut-être vous aussi.

    C’est aussi une période où la vie quotidienne change : les femmes sont désormais nombreuses à travailler, les hommes commencent – timidement – à aider à la maison, les lave-vaisselle se font encore rares. Les bébés voyagent en poussette canne, les repas se simplifient avec les petits pots, et l’on reçoit volontiers les amis autour d’une fondue bourguignonne ou d’une raclette, symboles d’une convivialité moderne où la maîtresse de maison reste à table avec ses invités.

    Côté musique, 1977 est une année contrastée et intense. Les États-Unis pleurent la disparition du King Elvis Presley, décédé le 16 août. Dans le même temps, le disco triomphe avec les Bee Gees, Boney M, ABBA, tandis que Sheila se réinvente avec Sheila B. Devotion. La variété française brille avec Michel Sardou, France Gall sur une chanson de Michel Berger, Michel Polnareff ou Laurent Voulzy. À New York, le mythique Studio 54 ouvre ses portes et devient le temple de la nuit.

    Au cinéma, 1977 marque l’Histoire avec Star Wars: A New Hope de George Lucas, point de départ d’une saga légendaire. Le public rit avec L’Animal, porté par Jean-Paul Belmondo et dialogué par Michel Audiard. En librairie, on frissonne avec Shining, et l’essai La Barbarie à visage humain révèle Bernard-Henri Lévy.

    1977 est aussi une année d’adieux : le 25 octobre disparaît Charlie Chaplin, poète du cinéma, et quelques mois plus tôt Jacques Prévert, dont les mots continuent de résonner à travers Les Feuilles mortes.

    Enfin, l’année est marquée par la sortie de Saturday Night Fever, avec John Travolta, par le dernier voyage de l’Orient-Express, et par la naissance de Téléfoot, accompagnée de l’hymne We Are the Champions.
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    11 分
  • 1970 : des hippies aux Beatles, de De Gaulle à Love Story… une année charnière
    2026/01/18
    1970, c’est d’abord une année musicale foisonnante. La jeunesse vit encore à l’heure hippie, tandis que le funk et le disco pointent le bout de leur nez, que le rock se maintient et que la chanson française s’impose durablement. On chante Mike Brant et sa prière Laisse-moi t’aimer, Joe Dassin avec L’Amérique et C’est la vie Lily, Johnny Hallyday qui interpelle avec Jésus Christ, Jean-François Michael et La jolie Candy, sans oublier Free qui électrise les ondes avec All Right Now.

    Autour d’eux gravitent Michel Sardou, Barbara, Claude François, Dalida, Françoise Hardy et France Gall.

    Mais 1970, c’est aussi un choc pour les fans : The Beatles annoncent leur séparation le 10 avril, par la voix de Paul McCartney. Ils laissent pourtant un dernier cadeau au monde avec Let It Be, numéro un international.

    Dans le même temps, le King Elvis Presley triomphe en tournée, rencontre Richard Nixon à la Maison-Blanche et sort The Wonder of You ainsi que l’album On Stage. Et Elton John s’impose avec Your Song, classé dans le top 5 des ventes.

    Sur le plan international, 1970 est lourde de sens. Au Chili, Salvador Allende est élu président avant d’être renversé et tué lors du coup d’État mené par Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis. Une page sombre de l’Histoire. En contrepoint, la guerre du Biafra prend fin.

    Le 9 novembre 1970, la France est bouleversée par la mort du général Charles de Gaulle, mettant un terme à l’ère du gaullisme. Dans le même temps, les mouvements féministes émergent, le Concorde fait rêver, et en Belgique, grèves et contestations sociales témoignent d’une jeunesse inquiète pour son avenir. À la télévision, on parle de conquête spatiale et l’on sacre Pelé, roi du football.

    Côté cinéma, 1970 enchante les salles obscures. On rit avec Le Gendarme en balade de Jean Girault, on rêve avec Peau d’âne de Jacques Demy et Catherine Deneuve, on frissonne avec Borsalino réunissant Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, et l’on admire Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, dernier rôle dramatique de Bourvil. À l’international, Love Story bouleverse les cœurs, porté par la musique de Francis Lai.

    Enfin, l’art de vivre en 1970 reste simple et codifié. Jeans et cols roulés, jupes à plis, anoraks colorés. Les 45 tours tournent sur les pick-up, on lit Salut les Copains et Âge Tendre, on regarde la télévision en famille. Les parents sont stricts, les sujets tabous nombreux, les repas pris ensemble, parfois suivis de la messe du dimanche. Et en filigrane, une chanson semble résumer l’époque : Let it be… qu’il en soit ainsi.
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  • 1962 : quand Françoise Hardy chantait, que le monde tremblait et que la mini-jupe naissait
    2026/01/17
    1962 est une année décisive pour la variété. Une jeune femme timide, guitare en bandoulière, fait une entrée remarquée dans la chanson française : Françoise Hardy. Autodidacte, elle compose ses propres chansons et connaît un succès fulgurant avec Tous les garçons et les filles, bientôt diffusé sur tous les transistors. Pendant ce temps, The Beatles enregistrent leur premier single, Love Me Do, après l’arrivée de Ringo Starr. Les Rolling Stones débutent eux aussi, tandis que naît le magazine Salut les Copains, véritable porte-voix de la génération yéyé.

    Mais 1962, c’est aussi une année lourde de tensions historiques. Le monde frôle la catastrophe lors de la crise des missiles de Cuba. Treize jours durant, John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev s’affrontent à distance, jusqu’à un accord salvateur négocié notamment par Llewellyn Thompson. La même année, le monde perd une icône avec la disparition de Marilyn Monroe, dont la prestation de Happy Birthday, Mr President reste gravée dans la mémoire collective.

    Côté cinéma et littérature, 1962 brille par la qualité de ses œuvres. Lawrence of Arabia de David Lean triomphe aux Oscars, porté par la musique de Maurice Jarre. En France, Un singe en hiver réunit Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. En librairie, on lit Georges Simenon, Marguerite Yourcenar, Albert Camus, tandis que le prix Nobel est attribué à John Steinbeck. Et sur scène, Jacques Brel attend toujours sa Madeleine.

    Enfin, la société se transforme. Mary Quant crée la mini-jupe, symbole d’émancipation féminine. La télévision noir et blanc entre dans les foyers, les premiers jeux électroniques apparaissent, le mot informatique est inventé par Philippe Dreyfus, et à l’exposition universelle de Seattle, on découvre les prémices de l’ordinateur personnel.

    Et pour accompagner ces changements, une voix chaleureuse résonne sur les ondes : Ray Charles avec I Can't Stop Loving You.
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    11 分