Nicaragua: «Le journalisme de qualité est le meilleur antidote à la dictature»
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概要
Derrière la Russie, Cuba ou l'Égypte, le Nicaragua est 172e sur 180 au classement de la liberté de la presse de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Depuis la violente répression des manifestations étudiantes de 2018 par le président Daniel Ortega, une chape de plomb s'abat sur les journalistes. Victimes de la brutalité du pouvoir, ils sont empêchés de travailler, emprisonnés, ou même déchus de leur nationalité. La plupart n'ont eu d'autre choix que de s'exiler pour exercer leur métier.
Le Nicaragua est presque tout en bas du classement de Reporters sans frontières (RSF) sur la liberté de la presse : 172e sur 180, derrière la Russie, Cuba ou l'Égypte. « Le Nicaragua est le seul pays du continent américain où il n'existe plus aucun journal imprimé encore en circulation. La répression des journalistes est totale », dénonce Wilfredo Miranda Aburto. Correspondant de médias étrangers et co-fondateur du site d'information indépendant Divergentes, à 34 ans, ce journaliste nicaraguayen reconnu a vu son travail récompensé par plusieurs prix internationaux.
FuirEn 2021, le régime a menacé de l'arrêter s'il ne révélait pas ses sources, après la publication d'un article dans lequel il racontait l'arrestation de la principale opposante au régime à l'époque, Cristiana Chamorro, candidate à l'élection présidentielle cette année-là. Il a dû fuir au Costa Rica. Deux ans plus tard, sa nationalité lui a été retirée. Depuis, la liberté de la presse continue de se dégrader : « Des journalistes qui continuaient de travailler clandestinement dans le pays ont été découverts par le régime au cours de l'année écoulée et même eux ont dû fuir », s'alarme Wilfredo Miranda. Près de 300 journalistes ont ainsi été forcés de prendre le chemin de l'exil depuis 2018. Plusieurs autres sont incarcérés.
Informer en exilAujourd'hui, Wilfredo Miranda et ses confrères continuent d'informer, à distance, notamment grâce au courage de sources restées sur place. « C'est difficile de raconter ce qu'il se passe dans un pays dans lequel on ne vit plus. Cela nous oblige à être encore plus rigoureux, à recouper encore davantage les informations, à être créatifs aussi. Par exemple pour obtenir des statistiques dans un pays où l'État n'en publie plus ? », explique Wilfredo, de passage dans les studios de RFI.
Un travail d'autant plus difficile que les citoyens qui s'expriment publiquement sur les réseaux sociaux ou même qui consultent des sites d'informations indépendants sont parfois arrêtés pour une simple capture d'écran. « Cela a renforcé l'autocensure et cela se répercute sur nos chiffres de fréquentation, constate-t-il. Alors on explique aux gens comment utiliser des VPN et des messageries sécurisées. Ce n'est pas censé être notre rôle, mais on le fait pour aider nos lecteurs à vaincre la peur du régime », et pour que l'information continue de circuler parmi les Nicaraguayens restés au pays, précise le jeune journaliste.
Des reportages « solides » pour « faire mal au régime » en placeWilfredo Miranda mène ce combat et ce travail avec de nombreux collègues réfugiés à l'étranger. C'est le cas d'Octavio Enríquez. Rédacteur en chef chargé des enquêtes au quotidien La Prensa, lauréat de nombreux prix de journalisme, il a révélé plusieurs scandales de corruption impliquant le président Daniel Ortega et ses proches. « Le régime décrète ce qui est une fausse information et ce qui n'en est pas, explique celui qui vit en exil depuis 2021. Mais le meilleur antidote contre la dictature, c'est le journalisme de qualité. Ce qui fait mal au régime, c'est quand on publie des reportages solides, et des articles qui montrent ce qu'il se passe vraiment dans le pays ». Et si la dictature tombe enfin, « le journalisme aura un rôle indispensable à jouer » dans la transition vers la démocratie, conclut-il.
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