Municipales en France: à Aubusson, en Nouvelle-Aquitaine, la culture en danger
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概要
En France, les élections municipales auront lieu les 15 et 22 mars prochains. Les habitants sont appelés à élire les maires des quelque 35 000 communes du pays. L'occasion pour RFI de prendre le pouls de la société française, à un an de l'élection présidentielle. Parmi les principales préoccupations : la sécurité, les services publics, la santé... mais également la culture. Illustration avec la ville d'Aubusson, 3 000 habitants, située dans la Creuse, au centre du pays, qui héberge la plus petite scène nationale de France. Un lieu de culture menacé par les infiltrations d'eau.
Christine Malard est la directrice du théâtre, installé en plein cœur de la ville, dans un bâtiment mal conçu et mal construit il y a 45 ans. Elle nous accueille sous les gouttes qui tombent du plafond remplissant d'eau des seaux. Elle déplore les dégradations : « Le résultat, c'est que l'eau s'infiltre depuis 1981. Et le risque, c'est que le plafond qui est en plâtre tombe sur la tête des personnes qui seraient en dessous. C'est pour cela que les salles sont fermées. »
Des salles qui servent normalement à l'enseignement artistique à destination des lycéens et des collégiens de la région, mais aussi aux comédiens en résidence venus à Aubusson pour créer et répéter de nouveaux spectacles. C'est le cas de la pièce, Thelma, Louise et nous, co-produite par la scène nationale d'Aubusson et qui se joue ce soir-là devant un public d'adolescents venus de tout le territoire.
Problème : la rénovation du bâtiment se chiffre à plusieurs millions d'euros, et malgré l'engagement de l'État et de la région à prendre en charge 80% du coût des travaux, le département, propriétaire des lieux, ne veut plus assumer seul la gouvernance.
Pour Philippe Esterellas, vice-président, chargé de la culture de la communauté de communes qui englobe Aubusson, c'est la conséquence de la baisse des dotations accordées par l'État aux collectivités locales. « Il y a un effet domino, bien évidemment. Ce sont des structures essentielles sur notre territoire, en particulier en zone rurale. Mais ce ne sont pas les seules. Il y a un choix à faire, pas uniquement budgétaire. Il doit être aussi politique », affirme-t-il.
En attendant, le département n'a accordé à la scène nationale qu'une autorisation temporaire d'occupation des lieux, jusqu'au 5 juillet. Pour Christine Malard impossible dans ces conditions d'envisager l'avenir : « Ça signifie que la saison devrait être finie. L'année 2026-2027, je devrais avoir imaginé la programmation. Or, là, c'est très compliqué de dire aux compagnies : "Je mets des options, peut-être que vous allez venir, peut-être que vous n'allez pas venir, si on n'a plus le droit d'être dans le théâtre". »
Face au risque de voir la scène nationale disparaître, une association d'usagers s'est montée en soutien. Stéphane et Bruno en font partie, ils défendent le service public de la culture. L'un d'eux nous explique la nécessité de pérenniser le théâtre dans la ville : « Ce lieu a largement contribué au fait qu'on s'installe. On habitait Bordeaux préalablement avec ma femme et nos deux filles. Quand on habite dans un territoire rural de 3 000 habitants, c'est important, pour ma fille, qu'elle puisse voir des artistes qui viennent de la France entière, et même du monde entier. Tous les gens qui viennent ici ressortent avec la banane. Ça s'adresse à tout le monde, la culture ! Ce n'est pas quelque chose qui est élitiste, comme on voudrait nous le faire croire. »
Une réunion entre les représentants des communes, de la région et du département est prévue autour du préfet de la Creuse le 13 mars. Personne ne veut croire à la disparition de la plus petite scène nationale de France.