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L'insécurité en Colombie,  entre la peur du narcotrafic et l'espoir d'une reprise en main

L'insécurité en Colombie,  entre la peur du narcotrafic et l'espoir d'une reprise en main

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L'avocat d'extrême droite Abelardo de la Espriella prend ses fonctions de président de la Colombie vendredi 7 août 2026. Il a promis une lutte plus ferme contre les groupes armés et les narcotrafiquants. Dans les zones rurales, meurtries par la violence de ces groupes, les habitants attendent beaucoup de l'État. C'est le cas à Betulia, dans la région d'Antioquia, où une école avait dû fermer ses portes il y a quelques semaines pour garantir la sécurité des enfants. Le maire de la ville, lui, a renforcé les mesures pour ramener le calme.

De notre envoyée spéciale à Betulia,

Betulia est une petite ville du nord-ouest de la Colombie, nichée au milieu de collines couvertes de caféiers. Sur la place principale, tout juste rénovée, de nouvelles cabanes servent de points de vente. Une sculpture proclame « J'aime Betulia », cœur inclus, prisée pour les photos souvenirs.

Dans le bureau du maire, les rendez-vous avec les habitants s'enchaînent. Ce matin, c'est au tour de l'assemblée communale du quartier El Nariño de venir faire le point. Quatre représentants des résidents sont regroupés autour de l'édile. Jaime De Jesus Muñoz Ruiz préside l'action communale de Betulia. Il raconte comment ce quartier est, depuis plusieurs années, le théâtre d'une guerre de territoire entre deux bandes criminelles : le Gang du 20-Juillet et le Clan del Golfo, le plus puissant groupe de narcotrafiquants du pays.

« Le quartier Nariño, à Betulia, c'est un quartier populaire, pauvre. Dans ces quartiers, c'est là que l'on vend et que l'on consomme le plus de drogue. Avant, sans exagérer, on comptait un mort, parfois deux, chaque semaine… [Il pleure] Pardon, je n'arrive pas à en parler sans pleurer, à chaque fois », se lamente-t-il.

Pour mieux comprendre la situation, le maire nous emmène dans ce quartier qu'il décrit comme « pris en otage ». Depuis deux ans, l'édile tente de reprendre le contrôle en aidant à la rénovation des maisons et en étant plus présent auprès des habitants. À quelques mètres de la place principale, une rangée de maisons aux toits de tôle : certaines sont encore en travaux. Dans celle où nous entrons, on refait le sol. Bientôt, il y aura un carrelage tout neuf.

Camilo Serna, maire de la ville de Betulia, explique : « Avant, on ne pouvait même pas entrer ici. Quand on le faisait, c'était toujours fortement escorté par l'armée, par la police. » L'élu ne cache pas son souhait de voir la nouvelle politique sécuritaire nationale se montrer plus offensive. En parallèle, la ville mise sur de nouveaux événements et sur son identité de terre de café pour relancer un tourisme freiné par son image négative en termes de sécurité.

« Notre région a souvent été mise de côté par l'ancien gouvernement de Gustavo Petro parce qu'il détestait Antioquia. Le nouveau président élu a montré son intérêt pour Antioquia. Nous avons besoin de plus de sécurité et qu'il y ait plus d'investissements dans les projets sociaux et agricoles », souligne-t-il.

Selon le maire, le calme serait revenu à Betulia. Mais l'exil de plusieurs dirigeants sociaux locaux rappelle que la situation reste fragile. Ici, tous attendent de voir ce que changera l'entrée en fonction du nouveau président.

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