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Liban: six ans après, que sait-on de l'explosion du port de Beyrouth?

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Six ans jour pour jour. Ce mardi, le Liban commémore la terrible explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu le 4 août 2020. La catastrophe a tué 235 personnes, fait 6 500 blessés et ravagé un tiers de la capitale libanaise. C’est l’une des plus grandes explosions non nucléaires de l’histoire. Après avoir été bloquée pendant de longues années à cause de l’hostilité de la classe politique, l’enquête du juge d’instruction Tarek Bitar est aujourd’hui terminée. Que sait-on de l’explosion du port de Beyrouth ? Quelles sont les zones d'ombre ? Quand aura lieu ce procès historique ? De notre correspondante à Beyrouth, C'est un dossier devenu le symbole de l'impunité de la classe politique libanaise. Pendant des années, l'enquête sur l'explosion du port de Beyrouth est restée au point mort. Plus d'une quarantaine de recours judiciaires visant le juge d'instruction Tarek Bitar, mais aussi de nombreux blocages institutionnels, ont empêché les investigations d'avancer. Le tournant intervient en janvier 2025, avec l'arrivée au pouvoir du gouvernement de Nawaf Salam, ancien président de la Cour internationale de justice. Les nominations de magistrats qui étaient bloquées sont relancées. Les juridictions examinent et rejettent les recours qui paralysaient l'enquête. « Le juge d’instruction a fini son dossier, il l’a transféré au procureur, le procureur prépare ses réquisitions, nous espérons que les réquisitions seront prêtes dans un délai qui pourrait varier dans un délai de 60 à 90 jours, explique Adel Nassar, ministre libanais de la Justice. Les réquisitions n’ont pas une force obligatoire à l’égard du juge d’instruction. Le juge d’instruction, une fois ses réquisitions faites, transférera le dossier au tribunal compétent, et à ce moment-là on passera à l’étape du procès en attendant le jugement. » À lire aussiExplosion du port de Beyrouth: l'instruction du juge Tarek Bitar malmenée par le Hezbollah « On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable » En 2021, Human Rights Watch avait mené sa propre enquête. Ramzi Kaiss, chercheur pour l'ONG, raconte ce que l’on sait et les zones d'ombre qui persistent autour de l’acheminement de plus de 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium au port de Beyrouth : « Plusieurs officiels libanais savaient que du nitrate d’ammonium arrivait au port de Beyrouth, savaient les dégâts que ça pouvait causer aux populations civiles autour, ils avaient le pouvoir de le faire enlever ou de le stocker de manière à ne pas mettre la vie d’autrui en danger. Ils ont failli à le faire. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas. Le nitrate d’ammonium devait-il aller à Beyrouth et y être déchargé ? Le nitrate d’ammonium devait-il servir à autre chose qu'à être stocké au port de Beyrouth ? Utilisé par qui ? Qui voulait que ce nitrate d’ammonium soit à Beyrouth ? » À lire aussiExplosion au port de Beyrouth: «La justice doit dire la vérité» sur cet «acte criminel et volontaire», selon Melhem Khalaf Paul Naggear, père d’Alexandra, une petite fille de trois ans tuée dans l’explosion, ne cesse de se battre pour qu’un jour la justice soit rendue et pour connaître la vérité. « On ne peut pas se dire que la justice n’arrivera pas, parce que ce serait juste invivable. Et on vit comme ça depuis le 4 août 2020. Donc, on continuera à lutter jusqu’à ce que ça arrive. C’est vrai qu’il y a un gouvernement aujourd’hui qui est en mesure d’exercer ses fonctions, mais ça peut changer très rapidement, c’est pour ça aussi qu’on a ces craintes et qu’on veut faire avancer les choses le plus rapidement possible. C’est une crainte qui reste, mais l’optimisme sera toujours là. » Le président de la République, Joseph Aoun, a appelé le juge d’instruction à publier l’acte d’accusation, une nécessité qui ne peut plus attendre, a-t-il estimé. À lire aussiL'explosion du port de Beyrouth raconté par Hala Moughanie, lauréate du Prix France-Liban
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