L'histoire orale de la prison politique pour les femmes en Espagne à la sortie de la dictature
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La prison politique n’a jamais été un monde neutre. Elle est traversée de rapports de genre et c’est précisément ce que met au jour Irène Gimenez dans Prisonnières politiques en Espagne. Fin et sortie de dictature, publié aux éditions du CNRS. Son livre s’attarde sur une génération née dans l’ombre de la guerre d’Espagne, politisée dans la fièvre des années 1968 et passée par les geôles du franquisme finissant.
C’est une enquête dense, charpentée, nourrie de récits rares. On y entre par le quotidien carcéral – ses routines, ses humiliations, ses violences – jusqu’aux formes de torture. Mais ce qui affleure surtout, c’est autre chose : des pratiques d’auto-organisation, des chaînes de solidarité, des amitiés politiques qui tiennent debout quand tout vacille. Une contre-histoire de la prison, racontée depuis celles qui l’ont traversée. En creux, c’est aussi une lecture de la transition démocratique espagnole qui se dessine… car derrière la sortie officielle de la dictature, certaines logiques – notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste – prolongent des structures héritées de la dictature.
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