Les séries télévisées, au cœur du soft power des grandes puissances mondiales
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Le festival Séries Mania s’est terminé vendredi 27 mars à Lille, avec cette idée, en pleine guerre au Moyen-Orient, de l’importance de la série dans le soft power d’un pays.
Téhéran est une série d’espionnage sortie en 2020 sur la chaîne publique israélienne KAN 11 puis Apple TV. On y voit une agente du Mossad hacker les défenses anti-aériennes de l’Iran avant un raid destiné à tuer le chef des Gardiens de la Révolution. On y découvre aussi comment ce Mossad a pris le contrôle des caméras de la ville, comment il peut faire exploser à distance un smartphone ou retourner en sa faveur un ennemi au cœur du pouvoir iranien. Tout cela n’était que pure fiction. Mais cette acuité par rapport à une réalité à venir est sans doute ce qui fait le succès des séries, comme on le voyait aussi avec la menace russe dans Le Bureau des légendes, sur Canal+.
Dans The Deal, sur la RTS et Arte, qui relate les négociations à Genève en 2015 autour du nucléaire iranien, on comprend le rôle des petits pays comme la Belgique ou la Suisse. Dominique de Villepin, l’ancien Premier ministre invité de Séries Mania, a rappelé le rôle des séries dans le soft power des pays. « La bataille mondiale, c’est la bataille des images », a-t-il dit.
Le climat politique et social au cœur de plusieurs sériesD’après Laurence Herszberg, sa directrice, le festival a reçu 380 séries cette année contre 450 l’an dernier. Et « la créativité vient beaucoup des pays européens », alors « qu'on a reçu, dit-elle, moins de séries américaines, et avec moins d’audace ». Y a-t-il un risque d’autocensure dans les séries américaines face à un climat politique et actionnarial qui inciterait à la prudence ? L’ensemble Paramount-Warner sera en tout cas bientôt – sans doute – entre les mains d’un proche du président Donald Trump, David Ellison.
Le climat politique et social est au cœur de plusieurs séries présentées cette année. Des séries qui « entrent en résistance face aux régimes autoritaires », selon Laurence Herszberg. On le voit dans The Best Immigrant, série belge qui raconte l’histoire d’un jeu télévisé où les immigrés gagnent un permis de séjour pour rester dans des Flandres dirigées par l’extrême droite.
Citons aussi Anatomie d’un instant, série espagnole qui se penche sur un coup d’État raté après la mort de Franco, ou Etty, série néerlandaise qui suit le parcours, transposé aujourd’hui, de l’autrice Etty Hillesum, déportée en camp de concentration. On peut citer également Prisoner 951, un thriller de la BBC sur une employée britannique de la Thomson Reuters Foundation, emprisonnée pendant six ans en Iran. Ou enfin The Testaments, une suite de La Servante écarlate, sur Disney+, qui raconte l’histoire d’adolescents endoctrinés dans une dictature patriarcale aux États-Unis.
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