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Les pays de l'Indo-Pacifique à la recherche de minerais critiques

Les pays de l'Indo-Pacifique à la recherche de minerais critiques

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Après un passage en Indonésie puis en Australie, le Premier ministre indien Narendra Modi est en Nouvelle-Zélande. Une tournée dans le Pacifique du dirigeant indien qui confirme que la région revêt une grande importance géostratégique.

C’était l’un des chevaux de bataille de Joe Biden : travailler à un Indo-Pacifique libre et ouvert, façon polie - tout en s’en défendant - de contrer les ambitions de la Chine dans cette région du monde. Pour cela, l'ancien président américain s’appuyait sur le « quad », l’alliance régionale des États-Unis, du Japon de l’Australie et de l’Inde. Sauf que depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le « quad » va mal : le président américain a boudé son dernier sommet, conduisant à son annulation, et les États-Unis donnent des signes d’éloignement.

Dernier exemple en date : la zone militaire américaine tournée vers l’ouest a été rebaptisée. Exit l’« Indopacom » - pour commandement Indo-Pacifique - et bonjour le « Pacom » - pour commandement Pacifique. Bien que le périmètre géographique soit le même - de la côte ouest américaine à l’océan Indien - la disparition de de la dimension « Indo » donne une idée des priorités de l’administration américaine.

Dépendance énergétique

C’est pourquoi l’Inde compte davantage sur elle-même. Il y a cette méfiance qui est renforcée par la pression douanière exercée par Washington sur New Delhi. Et puis il y a aussi ce qui s’est passé et qui se passe encore dans le golfe Persique. L’Inde a pris conscience de sa dépendance énergétique.

Résultat : des investissements dans la prospection pétrolière et, surtout, un accord avec l’Australie, autre membre du moribond « quad », pour importer de l’uranium afin de fournir du combustible à un ambitieux programme de centrales nucléaires pour obtenir de l'énergie propre. Ce minerai, ainsi que d’autres minerais critiques nécessaires aux industries de haute technologie, sont indispensables aux projets d’avenir indiens. Et justement, c’est dans cette zone Pacifique qu’on en trouve. Et c’est d’ailleurs pour cela que depuis des années, la Chine, qui maîtrise le secteur des terres rares notamment raffinées, investit dans la région.

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Minerais critiques

Contenir la Chine et mettre la main sur les terres rares, c’est aussi l’un des objectifs des États-Unis. Ce sont deux des priorités affichées dans la stratégie de sécurité nationale américaine. Les États-Unis, ont vu quel moyen de pression cela donnait à la Chine, et c’est ce qui a permis à Xi Jinping d’obliger Donald Trump à remballer ses droits de douane. C’est donc peut-être pour cela que malgré leur désintérêt pour le « quad », ils viennent tout de même de participer à une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères.

L’un des résultats de cette réunion, c’est un accord-cadre relatif aux minéraux critiques dans la région indo-pacifique. Les moyens sont importants : 20 milliards de dollars pour les investissements, le recyclage et la récupération de minéraux critiques. Autrement dit, pour les États-Unis, c’est chacun pour soi, sauf si les autres ont quelque chose à leur apporter. Dans ce cas-là, on n’hésite à se rapprocher de ceux de qui on avait commencé de s’éloigner.

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