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Le périlleux exercice du journalisme en Iran

Le périlleux exercice du journalisme en Iran

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概要

L’Iran est l'une des plus grandes prisons au monde pour les journalistes, affirme Reporters sans frontières. En ce début d'année, la répression du régime contre toute voix dissidente s'est encore aggravée. La population a été coupée de tout moyen de communication. Le but : empêcher de témoigner du massacre commis par le régime dans la répression des manifestations. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées. Malgré tout, des journalistes à l'intérieur et à l'extérieur du pays tentent de s'organiser pour rapporter les faits.

Ali Bakir est Kurde iranien. Il a débuté son métier de journaliste dans sa ville natale, Bukan à l’ouest de l’Iran. Suite à des menaces répétées, il a fui au Kurdistan irakien. De l'autre côté de la frontière, il continue de travailler pour une chaine de télévision diffusée dans le Kurdistan iranien.

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« Au Kurdistan iranien, tout militantisme civique, environnemental ou médiatique vous met sous la menace d'accusations de la part des services de renseignements et vous risquez des procédures judiciaires. Le régime impose des lignes rouges à notre activité, ce qui amène à une autocensure institutionnalisée des journalistes dans le pays. La circulation libre d'information au Kurdistan est très compliquée », raconte-t-il.

À cela s'ajoute le monopole du gouvernement sur les médias, et les restrictions d'accès à Internet, ainsi que les perturbations et interruptions des connexions Internet.

« De mon côté, j'arrive à obtenir des informations grâce au réseau que j'ai tissé en Iran avec des militants politiques, civiques, littéraires et environnementaux. Je surveille également les chaînes d'informations locales, les institutions et organisation de la société civile qui sont nombreuses », détaille le journaliste kurde.

Durant les deux semaines de blackout imposé à l'Iran début janvier, Ali Bakir a réussi à continuer d'échanger avec ses contacts sur place. Mais il a fallu se réorganiser. « Tout d'abord, nous sommes plus prudents. Nous avons peur des arrestations et accusations graves pour tout et n'importe quoi. Nous avons également pris des dispositions concernant nos contacts et les moyens de communication. Nous avons notamment envoyé plusieurs kits de communication satellitaire Starlink. Mais même l'activité de ce satellite présente ses propres limites et difficultés en Iran ».

En effet le régime a déployé des technologies pour perturber les utilisations de Starlink. Les contourner demande donc certaines connaissances.

Même à l’étranger, il reste dangereux d’être journaliste iranien

« Nous sommes relativement à l'abri des pressions et des menaces du gouvernement, mais rien n'est jamais sûr. Nos sources d'informations sur place telles que les militants politiques et civiques risquent d'être arrêtées de manière arbitraire. Les familles reçoivent également des pressions, telles que celles de nos sources mais aussi celles des journalistes en exil qui travaillent pour des médias persanophones et s'opposent parfois à la République islamique. Cela a toujours constitué un obstacle sérieux à l'activité médiatique en Iran. »

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Ali Bakir affirme avoir lui-même reçu des menaces contre sa personne mais aussi visant sa femme et sa famille. Il affirme y être tristement habitué.

Au moins six journalistes ont été arrêtés en Iran depuis le début de l'année selon le Comité pour la protection des journalistes.

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