Le journalisme, enjeu de l'élection colombienne
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Ce dimanche 31 mai, l'élection présidentielle en Colombie oppose un candidat d'extrême droite à un sénateur de gauche et à la candidate de droite. Et c'est aussi sur le terrain des médias que se joue la confrontation.
À Barranquilla, la grande agglomération du Nord de la Colombie, le quotidien de la ville El Heraldo a choisi de rompre dans un éditorial avec sa ligne sagement libérale pour se mettre sur le dos du « Tigre », surnom donné à Abelardo de la Espriella, le candidat d'extrême droite. Un signe de l'attraction qu'exerce sur les élites caribéennes cet avocat et homme d'affaires de 47 ans de nationalités colombienne, américaine et italienne. Il a pour particularité d'avoir défendu à la fois des paramilitaires d'extrême droite en Colombie et des narcotrafiquants aux États-Unis. La presse est pour lui une véritable cible puisque l'on compte 109 poursuites pour diffamation et calomnie entre 2008 et 2019, selon la Fondation pour la liberté de la presse, dont la majorité ont été classées sans suite. Quelle est l'origine de sa fortune ? Pourquoi a-t-il bénéficié de transferts d'argent depuis le Venezuela ? Autant d'informations que le candidat a cherché à passer sous silence. Il préfère sans doute faire le show façon Trump en poussant la chansonnette ou en dénonçant la caste des journalistes, « ceux de toujours » comme il les appelle, ou encore en organisant des campagnes de dénigrement contre ses détracteurs sur les réseaux sociaux. Sur le continent, ses références sont à chercher du côté de l'Argentin Javier Milei pour l'ultralibéralisme et l'anti-étatisme et du Salvadorien Nayib Bukele pour le programme ultrasecuritaire.
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La Colombie, un pays dangereux pour les médias et les journalistes60 % du pays n'a pas de couverture médiatique de proximité, car il n'y a plus aucun média. Un véritable désert de l'information. Alors quand un journaliste, Mateo Perez Rueda, se rend au début de ce mois à Briceño, dans le département de l'Antioquia, il est assassiné alors qu'il vient faire un reportage sur les affrontements entre l'armée et des dissidents des Farc. Mateo Perez Rueda avait son propre média numérique, El Confidente. Mais il n'y a pas que les conflits armés qui menacent la vie des reporters. La corruption, les droits des communautés, l'exploitation minière : tout cela peut coûter cher à un journaliste. Le gouvernement de gauche de Gustavo Petro, au pouvoir depuis quatre ans, a été marqué par huit assassinats de reporters. Petro a lancé des programmes de protection des journalistes et des mesures de soutien aux médias alternatifs. Mais la résurgence de la criminalité et de la violence a fait du président une cible des médias dominés par trois grands conglomérats après l'échec de sa politique de paix totale.
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