Le chef de la diplomatie rwandaise "déçu par la partialité de plus en plus criante" des États-Unis
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Dans un entretien accordé à France 24, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, se dit déçu par la "partialité de plus en plus criante" des États-Unis. Il s'interroge sur des sanctions visant le seul Rwanda, alors que Kinshasa n'aurait - selon lui - pas davantage appliqué l'accord de paix conclu il y a un an.
Le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, assure que l'accord de paix signé le 27 juin 2025 entre le Rwanda et la RD Congo reste lettre morte par la faute de Kinshasa. Il dénonce un "manque de volonté politique" et affirme que "rien, absolument rien n'a été fait pour neutraliser les FDLR", ce groupe armé que la RD Congo s'était engagée à désarmer. Il accuse même Kinshasa de renforcer militairement et politiquement les FDLR.
Le ministre dénonce dès lors une "contradiction flagrante" : les États-Unis ont sanctionné le seul Rwanda, quand Marco Rubio reconnaissait lui-même que Kinshasa n'avait pas neutralisé les FDLR. "Pourquoi y a-t-il des sanctions contre seulement l'une des parties ?", interroge-t-il.
Le ministre ne s'est engagé sur aucun calendrier concernant le retrait des troupes rwandaises, réclamé par Washington. Celles-ci comptent entre 6 et 7000 hommes, selon l'ONU.
Des "Congolais tutsi lynchés et brûlés"Le 26 juin, la RDC a saisi la Cour internationale de justice, accusant le Rwanda de mener une "campagne génocidaire" depuis 1996. Le ministre y voit "du pur cynisme et de la manœuvre politique". Il retourne l'accusation : c'est le président Félix Tshisekedi et son armée qui collaborent avec les FDLR et ont "encouragé les discours de haine" contre les Congolais tutsi. "Des Congolais Tutsi ont été, ont été lynchés et brûlés" (en RD Congo), accuse aussi le chef de la diplomatie rwandaise.
Texte par Sophian Aubin