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La visite annoncée d'Emmanuel Macron en Syrie, un déplacement symbolique

La visite annoncée d'Emmanuel Macron en Syrie, un déplacement symbolique

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C’est une visite annoncée depuis plusieurs jours, d’abord par des informations de presse, puis confirmée sans précision de date hier par la Syrie, mais pas encore officiellement par l’Élysée. Emmanuel Macron est attendu à Damas pour une visite qui a valeur de symbole. Ce sera la première d'un président français depuis Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009, avant la guerre en Syrie, la première d’un chef d’État occidental depuis la chute de Bachar el-Assad. Jusqu’ici, seul l’émir du Qatar avait fait le déplacement. Emmanuel Macron était déjà le premier à avoir reçu à l’étranger le nouvel homme fort syrien Ahmed Al Charah, avant que l’ancien djihadiste soit reçu à la Maison Blanche par Donald Trump. C’est donc une étape supplémentaire de la réintégration de la Syrie dans le concert international. C’est une sorte de reconnaissance des progrès effectués par le gouvernement syrien, même s’il en reste à accomplir. Le premier parlement de l'après-Assad a été constitué. Mais sa première réunion prévue ce lundi a été reportée sans explication, sans que l'on sache donc si cela est dû à une éventuelle visite du président français ou à l’attentat à la bombe qui, en fin de semaine dernière, a fait une dizaine de morts dans le centre de la capitale. La Syrie doit encore faire face à ce qui reste de l’organisation État islamique. À lire aussiSyrie: un attentat à la bombe fait plusieurs morts dans le centre de Damas Crise au Liban C’est aussi une reconnaissance du rôle de la Syrie dans la région. Et c’est un message envoyé aux autres pays de la région, dont Israël. L’armée israélienne occupe une partie du territoire syrien et le ministre israélien de la Défense explique qu’elle a vocation à rester indéfiniment dans les territoires qu’elle occupe actuellement, en Syrie donc, mais aussi à Gaza et au Liban. C’est une reconnaissance également du rôle potentiel de la Syrie dans le règlement de la crise au Liban. La semaine dernière, le ministre syrien des Affaires étrangères était à Beyrouth où il a rencontré les autorités libanaises, y compris le président du parlement Nabih Berri, allié du Hezbollah. Les nouvelles autorités syriennes, qui sont sunnites, sont hostiles au mouvement chiite pro-iranien allié de Bachar el-Assad. Pas au point cependant de s’impliquer au Liban comme le pays l’a fait par le passé en exerçant une tutelle de fait sur son voisin, et pas au point non plus de s’occuper du Hezbollah comme l’a suggéré à deux reprises Donald Trump. À lire aussiCisjordanie occupée: Israël exige que les Palestiniens enregistrent leurs terres en zone C au risque d’une expropriation Faire partie de la solution Enfin, la Syrie a un rôle géopolitique à jouer dans la région au sens large. Avec la politique défavorable à l’Iran des nouvelles autorités syriennes, le pays s’est, comme d’autres dans la région, retrouvé pris pour cible par l’Iran dans ses frappes tous azimuts. Mais il a aussi montré qu’il pouvait faire partie de la solution pour contourner le détroit d’Ormuz bloqué par l’Iran. L'Irak et le Koweït ont ainsi organisé des convois de camions pour expédier leurs hydrocarbures par la route jusqu’aux ports syriens sur la Méditerranée et donc vers l’Europe. Une solution qui ne compense évidemment pas l’énorme trafic qui passe par le golfe, mais qui peut donner des idées. À condition d’investir dans la sécurité et dans les infrastructures. Et justement, la Syrie annonce qu’Emmanuel Macron viendra accompagné d'investisseurs et de représentants d’entreprises françaises pour renforcer la coopération économique. À lire aussiSyrie: l’Union européenne rétablit son accord de coopération avec Damas après la levée des sanctions
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