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La très bonne récolte turque va-t-elle rebattre les cartes du marché mondial de céréales?

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Avec près de 23 millions de tonnes de blé et 9 millions de tonnes d'orge, la Turquie s'apprête à enregistrer une de ses plus importantes récoltes de céréales de ces dernières années, grâce à une météo favorable et à des surfaces de culture plus étendues. Cette récolte pourrait contraindre les exportateurs à réorienter une partie de leurs volumes vers d'autres acheteurs.

Avec une récolte en hausse d'au moins 20 % pour le blé et de plus de 30 % pour l'orge, les importations turques de céréales devraient logiquement diminuer. Celles de blé pourraient baisser de 700 000 tonnes, selon les prévisions publiées au mois d'avril par le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dont les données mondiales font référence.

Elles ne vont cependant pas s'effondrer et pourraient dépasser six millions de tonnes, estime l'USDA, non pas pour des besoins de consommation intérieure mais pour soutenir l'activité des moulins du pays : la Turquie est le premier exportateur mondial de farine, notamment vers l'Irak, la Syrie et la Somalie mais aussi vers l'Indonésie ou encore le Ghana.

La récolte exceptionnelle qui se profile aura aussi un impact sur les stocks du pays : ils devraient grossir et atteindre deux mois de consommation intérieure, selon l'USDA, ce qui évidemment constituerait un atout pour affronter la prochaine campagne 2026/2027 qui risque d'être marquée par une baisse des réserves chez de grands exportateurs.

Moins d'importations de blé de la mer Noire ?

Les blés de la mer Noire pourraient souffrir de cette bonne récolte turque. La Turquie avait été l'année dernière un débouché précieux pour le blé russe et dans une moindre mesure pour celui d'Ukraine et de Moldavie.

L'impact dans les prochains mois va dépendre des volumes que le pays achètera sur le marché mondial. On ne parle pour l'instant que de prévisions et elles sont très fluctuantes selon les organismes. « On peut s'attendre à plus de compétition sur le marché du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord », explique Gautier Le Molgat, président d'Argus Media France. Ce qui augure de prix potentiellement plus intéressants pour les acheteurs.

L'agriculture pour mieux résister aux crises

Ces perspectives de récolte s'inscrivent dans le cadre d'une volonté du pays d'être mieux armé sur le plan agricole et de gagner en autosuffisance face aux dernières crises géopolitiques qui ont eu d'énormes conséquences logistiques.

Les objectifs agricoles de la Turquie sont toutefois très dépendants des aléas climatiques. L'augmentation des surfaces d'orge et de blé s'est ainsi faite au détriment du coton ou du maïs dans les régions les plus arides. Or, l'industrie de l'aliment pour bétail est aussi en pleine croissance. Ankara devra donc probablement se résoudre cette année à augmenter ses achats de grains jaunes afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement. Un quota d'importation de 3 millions de tonnes de maïs pour la période du 20 avril au 31 juillet, a déjà été autorisé, comme le rapporte Miller Magazine.

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