La diplomatie en bulles: la BD explore les racines des relations franco-chinoises
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Le tome 3 des Chroniques diplomatiques de Tristan Roulot et Christophe Simon raconte les difficultés occidentales à prendre langue avec la Chine du début de l’ère Mao.
Depuis bientôt cinq ans, la série Chroniques diplomatiques initie les amateurs d’Histoire et de bande dessinée aux arcanes de la diplomatie française des années 50. Après l’Iran de 1953 et la Birmanie de 1954, c’est dans la Chine de Mao, en 1955, que le scénariste Tristan Roulot et le dessinateur Christophe Simon envoient leurs deux héros : le diplomate Jean d’Arven et son garde du corps – et agent des services français – Jacques Franchon. Mission officielle du premier : prendre langue avec Pékin. Mission secrète du second : retrouver et détruire des documents sensibles cachés dans la résidence de l’ancien ambassadeur. Un bâtiment que les autorités chinoises entendent bien récupérer.
Contexte particulièrement tenduLes deux hommes arrivent à Pékin dans un contexte particulièrement tendu : l’armée communiste menace en effet d’envahir l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan) où les nationalistes du Kuomintang menés par Tchang Kai-Chek ont trouvé refuge. Certains se demandent même si Washington ne pourrait pas à nouveau faire usage de la bombe atomique pour assurer leur protection.
Les plaies des occupations occidentales et japonaisesDe surcroît, les plaies des occupations occidentales et japonaises sont très loin d’être refermées. En témoigne le dossier très complet que Tristan Roulot propose à la fin de l’album, notamment autour de ce que les Chinois appellent « le Siècle de l’Humiliation » (1842-1949). Quant aux « domestiques » chinois qui les entourent, il n’y a guère de doute sur leur qualité d’espion.
Les auteurs mettent en scène les rencontres entre Jean d’Arven, le président Mao et le Premier ministre Zhou Enlai. Le trait classique et très réaliste de Christophe Simon, digne héritier du grand nom de la « ligne claire », Jacques Martin – il a travaillé sur les séries Lefranc et Alix –, sait s’adapter le temps de quelques cases aux codes de l’iconographie chinoise lorsqu’il s’agit de remonter le temps pour raconter les temps anciens.
Une époque qui résonne avec la nôtreAjoutez à tous ces éléments les couleurs d’Alexandre Carpentier, des scènes d’action très cinématographiques, une rocambolesque histoire de baignoire et des flashbacks qui éclairent un peu plus la relation si particulière entre Jean d’Arven et Jacques Franchon, et vous obtenez un thriller mêlant fiction et réalité qui raconte une époque qui résonne avec la nôtre : ne parle-t-on pas d’une nouvelle crise du détroit de Taïwan ?
Chroniques diplomatiques, tome 3 Chine-1955, de Tristan Roulot et Christophe Simon (Le Lombard).