La difficile tâche des journalistes haïtiens
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概要
C'est ce samedi 7 février 2026 qu'expire officiellement le mandat du Conseil présidentiel de transition en Haïti. Un organe censé ramener le pays sur la voie de la paix. Mais le CPT a échoué. La situation est même pire qu'avant. Les gangs ont gagné encore plus de terrain et contrôlent aujourd'hui plus de 85% de Port-au-Prince. Les journalistes aussi ont vu leurs conditions de travail se dégrader.
Des 22 mois de gouvernance du Conseil présidentiel de transition, Frantz Duval, rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, retient la mort de trois de ses collègues : « C'était en décembre 2024. Ils avaient été invités à couvrir la réouverture de l'hôpital de l'université d'État d'Haïti. C'est la manifestation la plus frappante que des journalistes n'ont pas été assez protégés. Ils ont même été exposés à cause d’une décision de ministre qui a programmé la réouverture d'un hôpital lorsqu'il ne s'était pas assuré des conditions de sécurité. Et les journalistes sont tombés dans un guet-apens, ils ont été tués. Trois sont morts, d'autres ont été blessés. C'est une plaie ouverte pour la presse haïtienne. »
Guerre ouverte entre gangs et policeAu cours des deux dernières années, l'insécurité a augmenté à Port-au-Prince. Les gangs et la police se mènent une véritable guerre. Pierrevil Théas, reporter de la radio Regard FM, limite ses déplacements, et quand il sort, il s'équipe d'un gilet par balle et d'un casque.
Les gangs sont une menace, mais il n'y a pas qu'eux. Pierrevil Théas a déjà dû faire face à l'hostilité de politiciens, de militants ou même de la population : « L'année dernière, en février 2025, j'étais à Canapé Vert pour recueillir des informations, mais en arrivant sur ces lieux, là, il y avait des protestations. Bien que durement identifié comme journaliste, la population, qui était frustrée, m'a bastonné et m'a giflé, j'ai failli perdre ma vie. »
Depuis, Pierrevil Theas ne se rend plus dans certains quartiers trop dangereux. D'autant qu'il ne veut pas négocier avec les chefs de gangs pour s'assurer leur protection. Comme beaucoup de journalistes, il effectue désormais une bonne partie de ses interviews à distance, en contactant ses sources par téléphone.
Les réseaux sociaux, source d’infoEt puis, il y a aussi tout un travail sur les réseaux sociaux, complète Frantz Duval : « Il faut dire que les gangs publient beaucoup sur les réseaux sociaux. Ils filment leurs exactions, ils font des lives, ils répondent à des questions. La police aussi utilise beaucoup les réseaux sociaux pour diffuser ces informations. La police donne pour la première fois des bilans de ses opérations. Rien n'indique que ces bilans sont sincères, mais au moins ces bilans ont le mérite d'exister. Et ces chiffres ne sont pas contestés du côté des gangs. Pour le moment, c'est cette vérité qu'on a. On a aussi des organisations de défense des droits humains et les Nations unies qui tiennent un décompte beaucoup plus précis que ce que peut faire la presse avec les moyens dont disposent les journalistes. »
Et justement ces moyens, Frantz Duval espère qu'ils vont augmenter. Il appelle les autorités qui vont succéder au CPT à restaurer la stabilité et l'économie du pays. La publicité est la seule source de financements des médias haïtiens.
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