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La Chine est-elle championne du monde du climat?

La Chine est-elle championne du monde du climat?

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概要

C'est le paradoxe chinois : un pays ultra dominant sur les énergies renouvelables, mais qui reste le premier pollueur mondial.

C’est la Chine de tous les records. Il y a plus de panneaux solaires en Chine que dans tout le reste du monde. 40% de son électricité est désormais issue des énergies renouvelables. Le constructeur de voitures électriques BYD a dépassé Tesla. En 25 ans, la Chine a aussi planté plus d’arbres que partout ailleurs sur la planète. Le pays s’est imposé en quelques années comme un champion du monde du climat et de l’environnement, et l’Assemblée nationale populaire, le rendez-vous politique majeur de la Chine qui s’est ouvert ce jeudi 5 mars, doit notamment dévoiler la nouvelle feuille de route énergétique chinoise. Une énergie de plus en plus verte, comme le soulignait l’an passé le président Xi Jinping, en saluant le dixième anniversaire de l’Accord de Paris sur le climat : « Au cours des dix dernières années, bien que la gouvernance climatique mondiale ait connu des hauts et des bas, le développement vert et à faible émission carbone est devenu la tendance de notre époque. »

Mais cela n’a pas toujours été le cas, loin de là. L’usine du monde a longtemps tourné uniquement au charbon, aux énergies fossiles. Avec des signaux très alarmants au début du siècle : une pollution de l’air record, 80% des eaux souterraines polluées. Ce qui a déclenché toute une série de mouvements de contestation sociale. Un déclic pour le pouvoir chinois. « Il faut juste se rappeler des Jeux olympiques de Pékin en 2008 et la course que la Chine a menée pour essayer d'effacer le smog persistant dans sa capitale, raconte Virginie Arantes, chargée de recherche FNRS à l’Université libre de Bruxelles. Il y a eu aussi plein de manifestations face à ces problématiques environnementales, donc c'était un point très chaud pour la stabilité sociale de la Chine. »

« Civilisation écologique »

C’est ainsi qu’est apparu le concept de « civilisation écologique », formulé dès 2007, quand la Chine devient le plus gros émetteur de CO2, devant les Etats-Unis. Une fois au pouvoir, Xi Jinping en fait un des marqueurs idéologiques centraux du régime, inscrit dans la constitution en 2018. Un marqueur et un nouveau moteur pour l’économie tout entière. « La Chine devient pour ainsi dire championne du climat, non pas par pur altruisme écologique, mais pour une convergence entre stratégie industrielle, sécurité nationale et stabilité politique. La Chine ne se contente pas aujourd'hui d'installer des panneaux solaires, elle les fabrique pour le monde entier. Elle maîtrise plus de 80 % de la production mondiale des composants solaires et des batteries. En mettant son énergie dans l'industrie des nouvelles technologies vertes, elle a réussi à redynamiser son économie », analyse Virginie Arantes. La Chine est ainsi le premier investisseur au monde pour les énergies propres, ce qui se chiffre en centaine et en centaines de milliards d’euros.

À marche forcée

Le succès de la Chine repose aussi sur son modèle politique, un régime autoritaire, ultra vertical. Quand en France il faut des années pour construire une centrale solaire, parce qu’il y a des enquêtes publiques, parce que la société civile à son mot à dire, évidemment en Chine cela va beaucoup plus vite ; c’est à marche forcée. « C'est un modèle très technocratique et autoritaire, qui s'appuie sur des objectifs quantifiés et sur une discipline administrative très forte. Si on dit on doit planter x arbres d'ici trois ans, les responsables locaux se doivent d'atteindre ces objectifs », souligne Virginie Arantes.

Mais il y a un « mais ». La Chine reste le premier consommateur au monde de charbon, la pire des énergies fossiles, et elle construit encore aujourd’hui de nouvelles centrales à charbon. La Chine est peut-être championne du monde du climat, mais elle est encore et toujours championne du monde de la pollution.

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