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L'IA dans la guerre de la désinformation: le vrai du faux au Moyen-Orient

L'IA dans la guerre de la désinformation: le vrai du faux au Moyen-Orient

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Des vidéos de désinformation circulent à propos du Moyen-Orient. Ce qui entretient une véritable guerre de récits et de propagande. Donald Trump est le premier à dénoncer une guerre de l'information menée par l'Iran à travers l'intelligence artificielle. Qu'il s'agisse d'une base américaine détruite au Qatar ou du porte-avions « Lincoln » en flammes, en passant par des images des pilotes abattus au Koweït, il y a un véritable déluge de vidéos truquées par l'IA générative, lesquelles peuvent être regardées par plusieurs millions de personnes. Cela relève de la guerre informationnelle – ce n'est pas nouveau –, mais ce qui est assez déroutant, c'est à la fois l'ampleur de ces productions, et leur impact auprès des plus jeunes qui s'informent par les réseaux sociaux, notamment TikTok. Récemment, Benyamin Netanyahu a dû poster à son tour une vidéo dans une boulangerie pour démentir la rumeur de sa mort sur les réseaux sociaux, liée à des images prétendument officielles falsifiées. La Maison Blanche, de son côté, n'est pas en reste avec l'IA. Elle produit ses vidéos de propagande à partir d'images de films comme Top Gun, qu'elle mélange à des créations d'intelligence artificielle. Il y a ainsi une gamification choquante de la guerre que l'on retrouve aussi, côté iranien, dans des films d'animation avec de petites figurines du type Lego. À lire aussiIran : avec l'IA générative, la guerre se déplace un peu plus vers un champ de bataille numérique Le retour en grâce du reportage face à la déferlante de faux Cette manipulation par l'IA a, malgré tout, des conséquences sur l'information. Et ce qui est assez inédit, c'est la manipulation par l'IA des images satellites. Par exemple, avec la photo vue du ciel d'une station radar américaine bombardée au Qatar : c'était en réalité une falsification. Le risque est que ces faux clichés polluent le travail des journalistes ou des chercheurs qui s'appuient sur des sources ouvertes pour évaluer les destructions, comme certains médias ou labos ont pu le faire à Gaza ou à El Fasher au Soudan. Cette déferlante de faux montre aussi, en creux, l'importance du reportage. Le président de l'association du prix Albert-Londres, Hervé Brusini, parle même dans Libération de « retour en grâce du reporter ». Et c'est vrai qu'il faut non seulement des équipes de vérificateurs pour contrer les deep fakes des réseaux sociaux, mais aussi des reporters de terrain pour faire vivre la réalité de la guerre à travers des histoires individuelles. Avec les correspondants, ils permettent « d'établir les faits » ou, comme au Liban, de documenter, de donner chair aux frappes israéliennes à Beyrouth ou dans le sud du pays qui ont fait 1 000 morts et un million de déplacés. Encore faut-il que ces reporters puissent exercer leur métier, alors que de nombreux États de la région restreignent leur liberté d'action ou pénalisent la publication d'images de bombardements. À lire aussiGuerre au Moyen-Orient: les images artificielles saturent l’espace informationnel
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