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L’industrie du parapluie «made in Madagascar» menacée

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À Madagascar, la saison des pluies est déjà bien engagée et la capitale subit des précipitations particulièrement intenses cette année. Chapeaux de pluie, imperméables et parapluies sont sans nul doute les accessoires incontournables du moment. Des accessoires qui, fait moins connu, sont encore fabriqués sur l’île. Antananarivo abrite encore une demi-douzaine d’ateliers artisanaux de fabrication de parapluies qui font figure de derniers des mohicans, tant la concurrence des produits importés est rude.

Avec notre correspondante à Antananarivo,

C’est dans le quartier de Besarety, niché au fond de la même ruelle depuis sa création en 1987, que se trouve l’atelier de la Maison Rajoely. Ici, une quinzaine d’employés perpétuent un savoir-faire transmis au milieu des années 1980 par une grande maison française de fabrique de parapluies historiquement installée dans le Jura. Madame Saholy a été recrutée dès l’ouverture de l’entreprise. Cet atelier, c’est toute sa vie : « J’ai connu l’âge d’or des années 1990. On avait énormément de travail : des journées de dix heures, jusqu’à mille parapluies fabriqués par jour. C’était comme une fourmilière. Quand je pense à cette période, je ressens beaucoup de nostalgie ».

À l’époque, l’entreprise familiale exporte massivement vers l’ex-URSS et devient un fournisseur important de la maison de haute couture Pierre Cardin. Mais depuis une vingtaine d’années, la production a fortement chuté, passant à environ 70 pièces par jour. En cause : l’arrivée massive de parapluies bon marché confectionnés à l’étranger. « C'est un peu difficile actuellement compte tenu du fait qu’il y a plusieurs sociétés qui font de l'import de parapluies de mauvaise qualité, surtout pour les revendre ici à Madagascar », explique Tsiry Rakotonirina, le neveu du fondateur qui dirige, aujourd’hui, la Maison Rajoely.

« Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance »

« Nous, on a des salariés, on paie nos taxes. Donc nos produits sont plus chers, ce qui n’est pas tout le temps compréhensible pour les gens, surtout à cause du fait que le pouvoir d’achat des Malgaches diminue beaucoup. Il y a de moins en moins de personnes qui choisissent d’avoir des produits de qualité », regrette le dirigeant. Des produits de qualité, souvent ornés de broderies cousues main. Des petits bijoux sur lesquels Elphine a dû se résoudre à coudre à la main les aiguillettes, ces pièces métalliques qui maintiennent les baleines du parapluie. « La machine qui faisait ça mécaniquement est cassée depuis des années et on ne trouve plus les pièces pour la réparer. Ça me rend triste de voir toutes ces machines allemandes qui faisaient notre fierté aujourd’hui à l’arrêt », témoigne la couturière.

Malgré tout, la petite entreprise refuse de baisser les bras. « Ce que vous voyez ici, ce sont des parapluies publicitaires. Les grandes entreprises existant à Madagascar continuent de nous faire confiance. C'est ça qui nous permet de survivre actuellement au niveau du marché locale », détaille Tsiry Rakotonirina. L’atelier s’est aussi mis à confectionner des parapluies et des ombrelles personnalisés - des pièces uniques exceptionnelles - mais aussi des bleus de travail, des uniformes. Une diversification devenue indispensable pour compenser la baisse des commandes d’un objet du quotidien, robuste et durable, mais de plus en plus délaissé au profit de modèles bien moins chers.

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