L’exposition «Frontière» dévoile le dessous des cartes
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À la Cité des Sciences et de l’industrie (Paris), une exposition interactive et souvent ludique, propose, à partir des travaux de géographes, une approche humaniste du monde contemporain.
Première surprise : Frontière, le titre de l’exposition s’écrit au singulier. Signe que c’est la notion même de frontière qu’elle nous invite à explorer, mais à travers une dizaine d’exemples, sur les continents, les mers ou le cyberespace, afin de dévoiler de façon la plus concrète possible les différentes facettes de la frontière, tout en déconstruisant les idées reçues. Une ambition qui s’inscrit aussi dans les décors en matériaux bruts et dans le caractère interactif et souvent ludique des situations présentées sur des supports variés (cartes, panneaux analytiques, photographies, objets, films, jeux de société…).
Entendre la parole des migrants et des exilésDès l’entrée, le visiteur peut affronter, face à un écran, un contrôle fictif réalisé par une intelligence artificielle. Il entre ensuite de plain-pied sur une des plus longues frontières du monde -entre le Mexique et les États-Unis-, avant de découvrir la terrible situation humaine des jeunes migrants confrontés aux gangs qui sévissent aux confins du Venezuela et de la Colombie, d’explorer la DMZ -zone démilitarisée entre les deux Corées-, ou de partager à travers un astucieux son et lumière les affres des Ossètes et des Abkhazes, confrontés aux tensions entre la Géorgie et la Russie, cette dernière soutenant les mouvements séparatistes.
Au centre du parcours, on peut s’asseoir sur une immense tente, et découvrir un film d’animation inspiré du travail du géographe Calvin Minfegue dans la ville-frontière de Garoua-Boulaï (Cameroun), qui accueille depuis le début des années 2000 un afflux de réfugiés centrafricains. Une fiction qui restitue des témoignages, complétée par une carte des camps humanitaires. Les trois ilots de l’installation artistique sonore Territoires du Rêve, du duo Kristoff K. Roll (Carole Rieussec et J-Kristoff Camps) font également entendre la parole aux exilés.
Parfois de sable ou d’eauParfois de sable -comme dans le Sahara entre Niger et Algérie-, ou d’eau -et donc invisibles dans l’espace maritime-, les frontières sont souvent au centre de contestations et de règlements internationaux pas toujours respectés. L’exposition présente aussi une section intitulée « Étranges frontières », dont les dioramas racontent les histoires singulières : le triangle du Bir Tawil, un territoire entre l’Égypte et le Soudan que personne ne veut ; l’Antarctique, convoité au contraire par tous ; ou l’île des Faisans, qui change de propriétaire tous les six mois !
Frontière, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, jusqu’au 2 janvier 2028.