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Indo-Pacifique: face à la Chine, Narendra Modi mise sur des partenariats vitaux

Indo-Pacifique: face à la Chine, Narendra Modi mise sur des partenariats vitaux

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Le Premier ministre indien Narendra Modi est en tournée cette semaine en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique. Avec des étapes en Indonésie, en Australie et en Nouvelle-Zélande, trois pays qui occupent une place stratégique dans la vision indopacifique de l’Inde, New Delhi cherche à consolider son influence dans cette région qu’elle juge vitale. Elle y joue une carte essentielle : sécuriser ses routes maritimes et ses approvisionnements énergétiques.

Le contexte mondial a changé la donne. Avec la guerre au Moyen-Orient et les tensions dans le détroit d'Ormuz, les approvisionnements énergétiques de toute l'Asie sont devenus extrêmement fragiles. L'Inde se retrouve doublement exposée : elle dépend du Golfe pour son énergie et de l'Indo-Pacifique pour ses routes commerciales. Par conséquent, elle cherche des alliés capables de la rendre plus résiliente sur la durée.

L'Indonésie coche justement toutes les cases. L'archipel contrôle une bonne partie du détroit de Malacca, l'un des passages maritimes les plus fréquentés au monde. Jakarta joue en effet un rôle central dans la sécurisation du corridor maritime par lequel transite une part importante du commerce indien.

Autre élément : la Chine muscle sa présence maritime dans la région. Pour New Delhi, c'est une menace directe sur la liberté de navigation. Autant dire que Malacca, pour l'Inde, c'est un axe stratégique vital et irremplaçable.

En Australie, de l'uranium et des minerais critiques

Autre étape stratégique : l’Australie, où il a été question de défense et de sécurité. Les deux pays sont membres du Quad, un forum de dialogue stratégique composé également des États-Unis et du Japon. Les liens militaires indo-australiens n’ont cessé de croître ces dernières années.

Mais le sujet qui a dominé les discussions, c'est l'uranium. L'Australie détient près de 28% des réserves mondiales. Une ressource capitale pour l'Inde, qui veut développer massivement son nucléaire civil. Ce partenariat lui permet surtout une chose : de réduire sa dépendance au Moyen-Orient et à la Russie. Un enjeu d'autant plus sensible avec la crise dans le détroit d'Ormuz.

Canberra représente aussi une alternative de poids sur les minerais critiques, indispensables à la transition énergétique et à l'industrie indienne de haute technologie, et dans un contexte de mainmise chinoise sur ces chaînes d'approvisionnement.

En Nouvelle-Zélande, une visite historique

La tournée se termine par une étape en Nouvelle-Zélande, qualifiée d'historique : c'est la première visite d'un Premier ministre indien en Nouvelle-Zélande depuis quarante ans.

Ce n'est pas un hasard. La Nouvelle-Zélande pèse de plus en plus dans l'équation indo-pacifique, surtout géographiquement, dans une zone où la Chine multiplie les accords de sécurité et les investissements. L'Inde veut y renforcer sa présence, pour ne pas laisser le champ libre à Pékin.

Avec cette tournée, Narendra Modi tisse patiemment un filet d'alliances pour sécuriser à long terme minerais et lignes maritimes vitales dans un espace de plus en plus disputé.

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