Au Vietnam, la vente sur les trottoirs, emblématique de la ville d'Hanoï, est en sursis
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Très prisée des touristes comme des habitants de la capitale vietnamienne, la vente sur les trottoirs fait partie du quotidien d’Hanoï. Mais les autorités entendent désormais mieux encadrer, voire restreindre, ces activités. En intensifiant les contrôles et les amendes contre les vendeurs informels, la ville bouscule aussi une part de la culture locale.
De notre correspondant à Hanoï,
Riz, thé, ventilateurs, oiseaux, coiffeurs ou vendeurs de poissons rouges : on trouve de tout sur les trottoirs d’Hanoï. Mais depuis de nombreuses années, la ville entend « rendre les trottoirs aux piétons ».
Installée sur un tabouret en plastique, devant son magasin débordant d’objets et de condiments en tout genre, cette vendeuse a retiré les cartons et les étagères du trottoir qu’elle occupait jusque-là. Dans ce vieux quartier populaire d’Hanoï, de nombreuses activités commerciales s’exercent sur ces espaces, au détriment des passants.
« Ceux qui n’ont pas de maison ou de local ne pourront plus vendre, déplore la commerçante. On pourra seulement louer, ou vendre, à l’intérieur des maisons. Parce que les gens ont le droit de louer ou d’exercer à l’intérieur, mais pas sur le trottoir. L’État n’autorise pas la vente sur les trottoirs, car ils doivent être réservés aux piétons. »
Depuis son bia hoi, établissement où l’on sert la bière pression locale du même nom, cette commerçante a perdu presque la moitié de sa clientèle. Il y a quelques mois encore, elle vendait sa bière, son riz sauté et son alcool de riz à l’abricot depuis le trottoir, désormais transformé en parking pour scooters. « Ma clientèle a diminué de moitié. Vraiment de moitié, voire davantage, dénonce-t-elle. Et encore, moi, j’ai la chance de pouvoir louer un local. J’ai donc un espace à l’intérieur. Mais beaucoup de personnes ne vendent que sur le trottoir. Pour elles, cela signifie perdre totalement leur activité. »
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« Au Vietnam, s’installer sur le trottoir fait partie de la culture »Jusqu’ici occupés de manière informelle, à la limite de la légalité, certains trottoirs pourraient désormais être loués dans un cadre réglementé. La ville d’Hanoï envisage d’expérimenter la location d’une partie de ces espaces. Avec un tarif maximal d’un euro cinquante par mètre carré, des commerçants triés sur le volet pourraient ainsi bénéficier d’un droit d’usage encadré.
« Quand on ne peut plus servir sur le trottoir, les clients doivent s’asseoir à l’intérieur, mais ils n’aiment pas ça. Il fait chaud, c’est étroit et bruyant, explique une commerçante. Si l’État nous autorise à louer une partie du trottoir, je le ferai pour pouvoir y servir mes clients. Dans mon établissement, les gens préfèrent s’asseoir dehors. Au Vietnam, s’installer sur le trottoir fait partie de la culture. Donc, si cela devient possible, je louerai cet espace. »
Les demandeurs devront remplir plusieurs critères. Ils devront notamment obtenir l’accord d’au moins 50 % des propriétaires et des habitants concernés, maintenir un passage piéton continu d’au moins 1,5 mètre et installer des caméras de surveillance. Les bénéficiaires devront également disposer d’un local donnant sur la rue concernée. Les commerces occupant illégalement le trottoir s’exposeront, quant à eux, à des sanctions plus lourdes, pouvant atteindre 200 euros.
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