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Au Mexique, les centres de données des Gafam épuisent les ressources hydriques de la population

Au Mexique, les centres de données des Gafam épuisent les ressources hydriques de la population

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概要

La région de Querétaro, à trois heures de la capitale, se présente désormais comme un hub des technologies digitales et de l’innovation. Les géants de l’Internet s’y installent pour construire des centres de données. Une bonne nouvelle pour l’économie de la région. Mais se convertir en arrière-boutique de l’intelligence artificielle (IA) a un prix. Derrière les discours et les promesses de croissance, se trouve la réalité des habitants qui ne profitent pas des retombées. Des centres qui consomment énergie et eau en grande quantité dans une région semi-aride.

De notre envoyée spéciale à Querétaro,

À la périphérie de la ville de Querétaro, dans la localité de La Esperanza, Monserrat Sanchez tient dans sa maison un petit restaurant où elle vend des tacos. Comme de nombreux habitants ici, la jeune femme ne reçoit l’eau courante que deux ou trois jours par semaine. « Regardez, le robinet est ici. Non, il n’y a rien », montre-t-elle. Ce dernier mois, elle est restée trois semaines sans eau. « Je crois que c’est à cause de tous ceux qui viennent ici, les entreprises et les usines qui sont là », ajoute-t-elle.

Interrogée sur l’évolution de la situation, elle répond : « On n’a jamais eu autant de problèmes, je crois que cette année c’est la pire. On s’y habitue. De toute façon, on ne s’intéresse pas à nous, que peut-on faire ? »

Pendant que la population lutte au quotidien pour accéder à l’eau, l’industrie de Querétaro se développe à grande vitesse, en particulier le secteur du cloud et du stockage en ligne. Dans d’immenses hangars ultra-sécurisés, les géants du web hébergent leurs centres de données. D’autres sont attendus dans les prochaines années, fruit d’un investissement de 12 milliards de dollars. Une aubaine pour le gouvernement local, malgré la réputation de ces infrastructures d’être très gourmandes en énergie et en eau, notamment pour leurs systèmes de refroidissement.

Marco Antonio Del Prete, secrétaire local du développement durable, affirme cependant que les centres de données installés à Querétaro utilisent beaucoup moins d’eau. « Ils utilisent un circuit d’eau fermé qui remplit un réservoir. N’est alors remplacée que l’eau perdue par condensation ou évaporation. Ils ne consomment pas d’eau en continu. Selon les rapports que nous avons, leur utilisation est beaucoup moins intensive… au moins ici, au Querétaro », précise-t-il. Interrogé sur des chiffres précis, il répond : « Non, parce que ce n’est pas une obligation de le demander. »

Faute de transparence et de contrôle, la consommation réelle de ces centres de données à Querétaro reste floue. Les estimations varient selon les acteurs et les technologies employées. Néanmoins, les autorisations délivrées par la Commission nationale de l’eau (Conagua) concernent plusieurs millions de litres par an. « Le centre de données d’Amazon consomme la même quantité d’eau que deux villages », souligne Erick Silva, député local d’opposition.

Ce dernier porte un projet de loi visant à donner la priorité à la population en matière d’accès à l’eau. Il dénonce l’encouragement à installer de nouvelles entreprises dans cette région semi-aride. « Puisque la Conagua nous a classés comme une zone à haut risque en ce qui concerne la période d’étiage, sur quelles bases peut-on proposer à ce type d’entreprises de venir installer des centres de données ici, à Querétaro ? » s’interroge-t-il.

Au Mexique, l’État de Querétaro se positionne ainsi au cœur d’un secteur promis à contribuer à plus de 5 % du PIB national d’ici 2029. Mais dans un contexte où les ressources hydriques sont déjà surexploitées, la question de la répartition de l’eau entre la population et l’industrie devient de plus en plus pressante.

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