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Thaïlande: courir pour sensibiliser au référendum sur la Constitution de 2017

Thaïlande: courir pour sensibiliser au référendum sur la Constitution de 2017

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概要

Le 8 février, plus de 50 millions de Thaïlandais sont appelés à voter à la fois pour renouveler leur Parlement et pour dire oui ou non à une révision de la Constitution de 2017, rédigée sous la junte militaire issue du coup d’État de 2014. Le référendum est jugé crucial par l’ONG de défense des droits civiques iLaw, qui a choisi une méthode de campagne originale : sensibiliser les électeurs à travers des événements autour de la course à pied, une activité en plein essor dans le royaume.

De notre correspondant à Bangkok,

« Pour une nouvelle Constitution, et pour faire avancer le pays — votez oui ! », scande la foule.

« Allez, mettez-vous en place, le départ de la course va être donné ! », lance un organisateur de l'événement. Ils sont une cinquantaine, ce soir-là, à courir dans le célèbre parc Lumpini, en plein cœur de Bangkok. Pas un simple footing collectif : ces joggeurs, comme ce jeune homme à bout de souffle, participent à une opération de sensibilisation au référendum constitutionnel, organisé le même jour que les élections du 8 février.

« Je suis là parce que je veux un nouvel avenir pour la Thaïlande », lâche ce jeune joggeur.

« J’ai deux enfants : j’ai envie que ce pays soit stable pour leur avenir »

Jan, 23 ans, porte un t-shirt appelant à voter « oui » au changement de Constitution : « Je soutiens cette campagne à 100 %, car l’actuelle Constitution de 2017 a été écrite par le régime militaire, et certains articles freinent la démocratie. »

Coureur régulier, Pap espère lui aussi une réécriture de la Constitution pour les générations futures : « Il en faut une nouvelle pour plus de transparence et pour réduire, je l’espère, la corruption. J’ai deux enfants : j’ai envie que ce pays soit stable pour leur avenir. Je suis plutôt confiant, même ma mère m’a dit qu’elle voterait "oui" pour ses petits-enfants. »

Depuis le début de l’année, des courses se déroulent chaque semaine dans les grands parcs de la capitale, mais aussi dans d’autres provinces, pour mobiliser les électeurs autour du scrutin.

C’est l’ONG de défense des droits civiques iLaw, dont Jib fait partie, qui est à la manœuvre : « En ce moment, la génération Z et beaucoup de gens prennent soin de leur santé, il y a de nombreux clubs de course. On voulait en profiter pour sensibiliser au scrutin. La dernière fois, ça a vraiment dépassé nos attentes : on ne s’attendait pas à voir autant de monde. »

Un référendum constitutionnel plus important que les élections

Des élus de l’opposition, des personnalités publiques et des artistes ont rejoint le camp du « oui », lors de ces courses souvent prolongées par des débats ou des concerts.

À Benjasiri, un autre parc de la capitale, John Winyu, présentateur d’une émission de satire politique suivie par plusieurs millions de personnes sur les réseaux sociaux, n’a pas couru, mais il est venu apporter son soutien : « Les gens veulent un nouvel espoir. Ils attendent de ces élections un gouvernement qu’ils auront choisi, et bien sûr, espèrent se débarrasser de cette Constitution. »

Après deux tours de parc, Yingcheep Atchanont, directeur de iLaw, rappelle à quel point le référendum constitutionnel est crucial : « Pour nous, ce référendum est plus important que les élections. Quel que soit le vainqueur, gouverner avec cette Constitution restera très compliqué, car elle a été pensée pour réprimer n’importe quel gouvernement élu qui entend mener des réformes structurelles. »

Selon lui, un « non » maintiendrait la Thaïlande dans ce cycle d’instabilité politique pour des décennies encore.

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