Le marché du pétrole supporterait-il d'être privé du brut iranien?
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概要
Le baril de brent a franchi, jeudi 29 janvier 2026, la barre des 70 dollars pour la première fois depuis septembre. Cette hausse des prix observée depuis le début du mois de janvier est portée par les menaces de Donald Trump sur l'Iran, pays producteur de brut. Pour comprendre quel impact aurait une intervention américaine, il faut revenir aux fondamentaux du secteur, c'est-à-dire à l'offre et la demande mondiale.
Les fondamentaux sont importants pour anticiper la tendance lourde des prix, indépendamment des soubresauts quotidiens. Aujourd'hui, le contexte est celui d'un marché en excédent. L'inconnue est de savoir quel est le niveau de cette surabondance et combien de temps elle va peser sur les prix, ou en tout cas contrebalancer les risques géopolitiques.
L'excédent mondial en pétrole est à peu près équivalent aux exportations iraniennes – soit environ 1,6 million de barils par jour –, voire même plus élevé, selon certaines estimations. Donc, même en cas d'interruption totale des flux de pétrole iranien, cela ne voudra pas dire que le marché sera en manque. Il ne sera juste plus excédentaire, explique Homayoun Falakshahi, chef analyste pétrole auprès du cabinet franco-belge de suivi maritime Kpler.
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La Chine en première ligneIl ne faut pas exclure un mouvement de panique sur les marchés qui ferait grimper les prix, lesquels augmentent déjà du seul fait des menaces américaines sur l'Iran. Mais si cette hausse se poursuit, elle ne devrait durer que le temps que le marché se rende compte qu'il y a une offre suffisante. « Vous ne verrez pas les prix devenir complètement fous et dépasser 100 dollars le baril », résume l'expert.
Un pays serait cependant particulièrement touché : la Chine. C'est le principal acheteur de pétrole iranien, un brut vendu avec une décote de 10 dollars par baril par rapport au prix du brent. Ce prix cassé est particulièrement avantageux pour les petites raffineries chinoises privées vieillissantes qui se fournissent en Iran – appelées les « théières » – et dont la marge est conditionnée à l'achat de pétrole au plus bas prix. Si la Chine était privée de ces barils d'Iran, elle perdrait 12 à 15% de son approvisionnement.
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La perspective d'une perturbation des exportations iraniennes pourrait potentiellement peser sur les décisions des producteurs de l'Opep+. L'organisation ne prend jamais de position politique, mais elle est extrêmement attentive aux situations de tension et dispose de réserves qui peuvent être libérées si besoin. On l'a vu en 2011 : quand les exportations libyennes ont été mises à l'arrêt pendant la révolution, l'Arabie saoudite a augmenté sa production.
La disponibilité en pétrole n'est donc pas un sujet pour l'instant. Elle pourrait le devenir, en revanche, si au-delà de l'Iran, le détroit d'Ormuz était en partie bloqué. Car il s'agit d'un passage clé pour le pétrole et le gaz naturel liquéfié exportés par les pays du Golfe.
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