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Tunisie: pénuries de médicaments et pharmacies sous pression

Tunisie: pénuries de médicaments et pharmacies sous pression

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En Tunisie, la crise du médicament ne fait qu’empirer. En plus du manque persistant de certains médicaments importés, plusieurs pharmacies font face à des retards de remboursement de la Caisse nationale d’Assurance maladie, parfois sur plusieurs mois. Une situation critique dénoncée par les professionnels du secteur, qui affecte directement les patients.

Dans sa pharmacie située dans le centre-ville de Tunis, Emna Abbes, secrétaire adjointe du syndicat des pharmaciens, se dit débordée. La pénurie de certains médicaments, remarquée depuis l’été, ne s’est toujours pas résorbée.

« Il y a toujours des antidiabétiques qui manquent, des antipsychotiques qui manquent, il y a toujours des médicaments destinés à traiter l'hypothyroïde qui manquent encore. Parfois, on peut substituer des médicaments, parfois, il n'y a ni le princeps ni le générique. »

Rahma Hamzaoui, cliente régulière de plusieurs pharmacies et atteinte de troubles de la thyroïde, en fait l’expérience au quotidien : « Je me suis habituée à prendre le générique, mais ça m'arrive des fois de prendre, par exemple, je dis n'importe quoi, en semaine cinq jours de dosage X et en week-end, je dois changer le dosage Y. Et parfois quand je bascule entre les dosages, ce n'est pas la même molécule et donc ça peut aussi perturber l'équilibre hormonal de mon corps. »

Une production locale insuffisante

Elle rencontre également de grandes difficultés pour trouver le traitement de sa sœur, épileptique. « C'est un traitement qu'elle prend à vie et si elle le prend pas, elle peut avoir des crises d'épilepsie. Je me rappelle une fois, elle a raté deux semaines. Elle n'a pas eu son médicament et elle a failli mourir. »

Comme de nombreux Tunisiens, Rahma s’adapte en multipliant les déplacements entre pharmacies ou en s’informant via des groupes Facebook pour repérer les stocks disponibles. Ces ruptures de stock interviennent pourtant dans un pays qui produit environ 70 % de ses médicaments, selon le médecin généraliste Rafik Boudjaria : « Il s'agit de médicaments généralistes, c'est-à-dire des antibiotiques de première ligne, des anti-inflammatoires. Les médicaments issus de la biotechnologie, des médicaments pointus, sont encore importés et les pénuries sont récurrentes. »

Pour le médecin, le problème est avant tout structurel et ancien. « C'est un problème essentiellement en rapport avec le financement, les équilibres financiers de la pharmacie centrale de Tunisie, qui est la seule plateforme d'achat de médicaments. »

Un manque de liquidités qui touche à la fois la pharmacie centrale et la Caisse nationale d’Assurance maladie, lourdement endettée. Aujourd’hui, en plus des pénuries, les pharmacies font face à des retards de remboursement de leurs créances par la CNAM, un dysfonctionnement qui risque d’aggraver encore les difficultés d’approvisionnement en médicaments.

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