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Guerre au Moyen-Orient: le pétrole est-il une arme?

Guerre au Moyen-Orient: le pétrole est-il une arme?

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概要

En fermant le détroit d'Ormuz et en attaquant des installations pétrolières et gazières des pays du Golfe, Téhéran provoque une flambée des prix des hydrocarbures. De leur côté, les énergies renouvelables, dominées par la Chine, ne sont pas à l'abri de tensions géopolitiques. Les règles sont presque immuables. Une guerre dans le Golfe persique s’accompagne généralement d’une flambée du prix du pétrole. Depuis les attaques des États-Unis et d'Israël en Iran, et la riposte de Téhéran, le brut a augmenté de 13%. L’Iran a aussi fait du détroit d’Ormuz un pilier de sa contre-attaque, en bloquant le trafic maritime sur cet axe majeur pour l'exportation des hydrocarbures, par où transitent un cinquième du pétrole et du gaz vendu dans le monde. Le pétrole, pour l’Iran, est une arme de guerre. Le phénomène n’est pas nouveau. En 1973, au lendemain de la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes, l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, décidait d'un embargo contre les alliés d'Israël, provoquant une flambée des prix du pétrole, qu’on a appelée le premier choc pétrolier. « Le pétrole semble jouer un rôle important dans l'évolution des relations internationales maintenant, parce qu'il jette un éclairage tout à fait nouveau sur la question du Moyen-Orient », déclarait Abdelaziz Bouteflika, alors ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, pays membre de l’OPEP. Pour André Giraud, ministre français de l'Industrie au moment du deuxième choc pétrolier provoqué par la révolution islamique en Iran, en 1979, « le pétrole est une matière première à fort contenu diplomatique et militaire ». L'arme du faible au fort Aujourd'hui, l'Iran bloque le détroit d'Ormuz, comme il l’avait déjà fait pendant la guerre Iran-Irak, dans les années 80, en coulant des dizaines de bateaux dans le détroit d'Ormuz. « Pour l'Iran, le détroit d'Ormuz est un enjeu stratégique, analyse Olivier Appert, conseiller au Centre Energie-Climat de l'IFRI, l'Institut français des relations internationales. C'est peut-être l'arme du faible par rapport au fort. Ce n’est pas une première, mais c'est quand même inquiétant. » En riposte aux bombardements israélo-américains, l’Iran a frappé la plus grande raffinerie d'Arabie saoudite ainsi que des installations gazières du Qatar, ce qui provoque aussi une envolée des prix du GNL, le gaz naturel liquéfié. Il y a quelques années, les Houthis du Yémen, soutenus et armés par l'Iran, avait également bombardé une installation pétrolière saoudienne majeure. C’est donc une constance : l'énergie fossile est une cible. À l'inverse, les énergies renouvelables pourraient sembler à l'abri des tensions géopolitiques. Le solaire et l'éolien, des énergies vertes, ont une image a priori plus pacifique – à part les éoliennes pour les oiseaux. Une fois installés, les panneaux solaires sont à l'abri des aléas géopolitiques et de subites hausses de prix. Dans une tribune au journal Le Monde, publiée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Antonio Guterres, le secrétaire général de l'Onu, écrivait que « les énergies renouvelables sont les garantes de la paix au XXIe siècle ». Imposer ses vues Mais les renouvelables n'échappent pas à une forme de guerre, commerciale, de la part de la Chine, qui possèdent les fameuses terres rares indispensables notamment à la fabrication des batteries. « Les acteurs ne sont pas les mêmes, mais dès 2011, la Chine avait décidé un contrôle des exportations de terres rares vers le Japon, rappelle Olivier Appert. La Chine utilise très clairement sa capacité monopolistique pour pouvoir imposer ses vues. Malheureusement, les énergies renouvelables répondent en fait à des enjeux géopolitiques tout à fait déterminants. » Reste cette question, face à la guerre en Iran : cette nouvelle flambée des prix du pétrole peut-elle accélérer la transition énergétique ? « Économisons l'essence, économisons l’électricité, économisons le chauffage, et mon Dieu, nous arriverons bien, je l'espère, à surmonter les difficultés ! », s’exclamait à la télévision le président français Georges Pompidou, en 1973 au moment du premier choc pétrolier. La France n'avait pas de pétrole, mais avait des idées, et lançait alors un vaste programme de centrales nucléaires, pour produire une énergie décarbonée. Cinquante ans plus tard, le contexte n’est pas le même, mais la crise actuelle « justifie la nécessité de réduire la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles. Mais attention à ne pas retomber dans une dépendance vis-à-vis de la Chine », prévient Olivier Appert, de l'IFRI. Moins visible, moins spectaculaire, cette guerre-là reste une guerre de l'énergie. À lire aussiÀ la Une : la guerre en Iran, une opportunité pour le pétrole africain
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