Géothermie: y a-t-il de l'électricité sous nos pieds?
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概要
La chaleur issue de la Terre est une source d'énergie infinie et durable. Elle reste encore très marginale malgré son potentiel face à la crise climatique.
Sous nos pieds, il n'y a pas que du pétrole ou du charbon. La Terre, notre planète Terre, produit naturellement de la chaleur, qui reste encore très largement sous-exploitée. La production d’électricité par la géothermie, la chaleur du sol, représente moins de 1% de la production totale dans le monde. Il s’agit pourtant d’une énergie abondante, disponible et infinie, offerte par la planète. « On a une chaleur qui s’est mise en place au moment de la création de la Terre en tant que planète, qui se diffuse progressivement du centre de la Terre jusqu’à la surface. Et puis essentiellement dans la partie superficielle, c’est-à-dire la croûte, on a de la décroissance radiogénique : des atomes sur le temps long qui, en se cassant, libèrent de l’énergie en même temps », explique Damien Bonté, ingénieur et responsable de filière Géothermie au BRGM, le Bureau de recherche géologique et minière, un organisme public français.
C’est ainsi que plus on descend, plus il fait chaud. En Europe, quand on creuse, on gagne 3°C tous les 100 mètres, 30°C à chaque kilomètre. Il y a des régions où la terre est beaucoup plus chaude beaucoup moins profondément, notamment les régions volcaniques. Le Kenya, champion africain de la géothermie, produit ainsi près de la moitié de son électricité. La France, elle, possède une centrale électrique géothermique en Guadeloupe, au pied du volcan de la Soufrière.
Chaleur propreOn distingue deux types de géothermies. D’abord la géothermie de surface, jusqu'à 200 mètres, qui sert pour le chauffage des maisons, avec les pompes à chaleur. C’est la géothermie profonde qui permet de produire de l'électricité : il faut une chaleur sous-terraine d'environ 200°C ; il faut donc forer en profondeur, et la géothermie a bénéficié des avancées technologiques de l’industrie pétrolière. « On fore assez facilement à 3 kilomètres, précise Damien Bonté. Les choses se compliquent généralement dès qu’on commence à dépasser ces 3 kilomètres. C’est encore un sujet de recherche et d’innovation pour trouver des solutions qui permettent d’accéder à ces ressources éventuellement profondes qui pourraient fournir d’autant plus d’énergie et de chaleur ».
L’intérêt de la géothermie s’affirme à l’heure de la crise climatique, parce qu’il s’agit d’une énergie abondante et propre. Certes, la géothermie profonde peut provoquer une activité sismique et peut aussi polluer les nappes phréatiques – des risques, assure le BRGM, aujourd'hui maîtrisés. Pour le reste, elle n'émet pratiquement pas de CO2. C'est une énergie renouvelable, encore plus durable que le solaire ou l'éolien, tout le temps disponible, « 24 heures sur 24, sans effet climatique à la différence du solaire et de l’éolien qui sont considérés comme des énergies intermittentes. On utilise une énergie inépuisable », rappelle Damien Bonté, du Bureau de recherche géologique et minière
Remplacer le gaz et le charbonMalgré ses qualités, la géothermie reste une énergie sous-exploitée, comme le souligne un rapport publié lundi 9 février par Ember, un groupe de réflexion sur la transition énergétique. En Europe, la géothermie pourrait remplacer 42% de l'électricité produite actuellement par le gaz et le charbon (des énergies fossiles), pour un coût comparable, et sans subir la volatilité des prix des matières premières. Ember a identifié plusieurs pays aux sous-sol prometteurs : la Hongrie, la Pologne, l'Allemagne et la France.
La géothermie pourrait aussi couvrir les deux tiers des besoins énergétiques attendus des datacenters, les centres de données particulièrement gourmands en électricité. L'énergie, c'est ce qui fait avancer le monde, et dans un monde qui se réchauffe à cause des énergies fossiles, la géothermie ne devrait plus nous laisser froid.
À écouter aussiSur l'archipel des Açores, la géothermie comme solution vers l'indépendance énergétique