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Est du Sénégal: la vigilance locale pour se prémunir des jihadistes [4/5]

Est du Sénégal: la vigilance locale pour se prémunir des jihadistes [4/5]

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概要

L’est du Sénégal face au risque de la contagion jihadiste, suite de notre série de reportages. Dans cette zone aux confins du Mali et de la Mauritanie, où la Falémé se jette dans le fleuve Sénégal, la menace terroriste est toute proche et hante le quotidien de cette région reculée. Les récentes attaques au Mali voisin ont provoqué le renforcement du dispositif de sécurité des autorités du Sénégal, qui, avec une frontière poreuse en zone rurale, s’appuie sur un élément central : ses habitants.

De notre correspondante de retour de Ballou,

Un poste radio grésille au pied du village de Ballou. Une pirogue chargée de voyageurs traverse les eaux de la Falémé et du fleuve Sénégal qui se mélangent à cet endroit. En face, de l’autre côté de la rive, la Mauritanie et à droite, le Mali.

Sous ces airs paisibles, Aboubaker Niangané, le chef du village de Ballou, 8 500 habitants, l’assure, la menace est réelle. « Quand même nous ne sommes pas tranquilles. Car Ballou se situe dans la zone des trois frontières. De Arundu à Kidira, la sécurité est tellement faible, c’est notre grande préoccupation. Alors, des deux côtés du fleuve, étant donné que nous sommes les mêmes familles, on s’organise, et on s’alerte. »

Des alertes assez fréquentes, comme la semaine dernière, quand des personnes non identifiées sont venues incendier une école dans le village de Sébou, située en face du Mali. « Il y a eu des gens qui ont traversé en toute tranquillité le fleuve pour s’attaquer aux écoles, raconte par téléphone le maire de Ballou, absent lors de notre passage. On est exposés en permanence, ils sont venus, ils ont mis le feu, carrément. »

L’enquête n’a pas encore permis d’identifier les assaillants, mais via ces comités de veille, des incidents sont régulièrement signalés, d’autant plus en saison sèche quand il est particulièrement facile de franchir le fleuve. Au risque parfois de créer une certaine psychose. « Un jour, on nous a signalé au mois de janvier que des motos traversaient la frontière. Les villageois ont cru que c’étaient des jihadistes, mais quand ils sont allés vérifier, ils ont vu que c’étaient des gens qui allaient à un mariage, explique le chef du village de Gangala, situé à quelques kilomètres de Ballou. Ils avaient fait un cortège pour y aller et les gens ont cru que c’était des jihadistes. »

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Un dispositif citoyen pour compléter celui des forces de sécurité

Le dispositif, quoique artisanal, avec des veilles nocturnes et un numéro d’appel des forces de sécurité pour chaque chef de village, est devenu indispensable dans cette zone reculée, sans route goudronnée, difficile à superviser en permanence.

Mamadou Fode, qui travaille pour l’agence régionale de développement, se rappelle d’une intervention il y a un an : « Quelqu’un a été arrêté par rapport à l’apologie du terrorisme dans un village de cette zone, il faisait du commerce mais quand on a examiné son téléphone, on a réalisé qu’il avait des relations avec des têtes pensantes du jihadisme. »

Un dispositif qui vient compléter celui des forces de sécurité, hier quasi inexistantes, selon des sources locales, et aujourd'hui mobilisées face à des jihadistes bien structurés à 50 km à peine de là. Les habitants l’assurent, des patrouilles de l’armée et de la gendarmerie sont désormais visibles, mais la zone à surveiller reste immense.

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