En Pennsylvanie, le Liberal Gun Club passe les armes à gauche
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Aux États-Unis, les armes à feu ont longtemps été associées à une population blanche, rurale et conservatrice. Mais à en croire les experts, elles séduisent désormais de plus en plus l'électorat progressiste, ainsi que les personnes de couleur et LGBTQ+, surtout depuis la réélection de Donald Trump en novembre 2024. Illustration à Lancaster, dans le sud-est de la Pennsylvanie.
De notre envoyé spécial à Lancaster,
Ils sont une dizaine à s'être donné rendez-vous dans ce stand de tir de Lancaster, en Pennsylvanie, État du nord-est des États-Unis. Tous sont membres du Liberal Gun Club, un club de tir classé à gauche. Parmi eux, il y a Molly. Elle teste des pistolets de différents calibres avec son père. À 22 ans, elle est sur le point de quitter le domicile parental. Il lui faut donc une arme. Reste à trouver la bonne.
« La première fois que j'ai tiré, j'avais 11 ans. Maintenant que je m'apprête à déménager et à vivre seule, j'ai besoin d'une arme. Parce que je fais 1,50 m et je ne me sens pas capable de me défendre toute seule sans une arme », explique-t-elle. Un sentiment de vulnérabilité renforcé, selon elle, par les discours masculinistes de la droite Maga.
« Je vis dans un bon quartier, là-bas, je m'y sens bien. Mais la façon dont Trump et son entourage ont encouragé les hommes à considérer les femmes comme inférieures à eux et comme des objets sexuels. C'est préoccupant et particulièrement dégoûtant », ajoute Molly.
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Le Liberal Gun Club compte aujourd'hui quelque 5 000 adhérents à l'échelle nationale. En novembre 2024, juste avant la seconde élection de Donald Trump, ils étaient moins de 3 000. Les demandes de formation aux armes à feu auraient, quant à elles, été multipliées par cinq en un an. Pour Ed Patches, le président de la section locale du club, le tournant a été en réalité l'épidémie de Covid-19, lorsqu'une partie de l'électorat conservateur a refusé de se faire vacciner pour des motifs qu'il qualifie d'irrationnels.
« Si vous faisiez partie de ceux qui disaient que ça n'avait aucune valeur scientifique, que c'était idiot, vous étiez considéré comme un libéral qui doit être surveillé, voire pire. Je pense que cette radicalisation de la droite est la raison pour laquelle certains à gauche ont jugé qu'ils devaient se protéger, eux et leur famille », analyse-t-il.
Ceux qui sont présents ce jour-là sont pour la plupart des adhérents de plus longue date. Mais tous font part de leur inquiétude au sujet de ce président que certains qualifient de « fasciste ». C'est le cas de Sam. « Je me suis intéressé aux armes à feu assez tard. Au départ, je n'étais pas du tout fan. Mais avec l'élection de Donald Trump et le rassemblement de Charlottesville en 2017, j'ai totalement changé d'avis. Je suis juif, ma femme est d'origine portoricaine. J'ai acheté des armes par précaution lors du premier mandat, mais quand il a été réélu, avec ma famille, on a songé à quitter le pays », confie-t-il. Aujourd'hui, Sam s'efforce de maintenir le contact avec un maximum d'amis à l'étranger au cas où il lui faudrait s'enfuir.
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