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En Mongolie, l’exode rural forcé des éleveurs à cause du changement climatique

En Mongolie, l’exode rural forcé des éleveurs à cause du changement climatique

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Du 17 au 28 août, la Mongolie accueille à Oulan-Bator la COP17 contre la désertification, un sommet international pour tenter de trouver des solutions et des financements pour contrer ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l’une des victimes les plus emblématiques : 76,9% de ses terres sont touchées par la désertification. Rendant les pâturages inexploitables, le phénomène est source de migrations importantes. À Oulan-Bator, les quartiers des yourtes ne cessent de se remplir de réfugiés climatiques. Des quartiers pauvres qui représentent 58,8% de la population de la capitale...

De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez

De leur vie d’éleveurs, il ne reste que des figurines de chevaux au-dessus de leur lit. Les animaux ont disparu du quotidien d’Enkhtuvshin et Tsogzolmaa, un couple d’une trentaine d’années. « L’été a été très dur : une sécheresse, et presque plus d’herbe. Nous avions 800 chevaux, moutons et chèvres. Ils n’avaient rien mangé. L’hiver a commencé et on a presque tout perdu en quelques jours. Alors on est partis en laissant derrière nous les derniers animaux, dans la nature. Ça nous a fait beaucoup de mal », racontent-ils.

Le couple et ses deux enfants ont quitté leur province du Khentii, à 500 km à l’est de la capitale mongole. Leur yourte est désormais installée sur une parcelle de tôle et de bois appartenant à l’un de leurs proches, le long de la route qui sort d’Oulan-Bator. Tsogzolmaa travaille désormais dans une station-service, tandis que son mari a trouvé un emploi dans une compagnie de transport routier.

« Le plus dur, à la ville, c’est le temps. On doit tout faire à la minute entre l’école et le travail… On doit payer nos dettes aussi. Nous, on rêve de pouvoir redevenir éleveurs, de vivre à la campagne, avec nos animaux, comme avant. Mais c’est impossible. Alors, dans les prochaines semaines, on va s’installer sur une autre parcelle, à nous, mais plus loin, dans un autre quartier. Et on va essayer de construire une petite maison avec des parpaings pour les murs et des tôles pour le toit », explique le couple.

Cette situation illustre l’une des spécificités de la loi mongole, qui contribue à la formation de ces quartiers de yourtes : l’installation dans ces zones confère un droit de propriété aux citoyens. Selon la mairie d’Oulan-Bator, sur une population d’1,7 million d’habitants, un million de Mongols vivent dans ces quartiers précaires, dépourvus d’eau courante.

Un défi de taille pour Khosbayar, membre du conseil municipal en charge des constructions dans la capitale. « Ces quartiers engendrent beaucoup de pollution car ils ne sont pas reliés à nos systèmes de chauffage. Le trafic aussi s’en retrouve de plus en plus encombré. On a lancé de grands programmes de relogement il y a deux ans. On prévoit d’installer 40 000 familles d’ici à 2030 dans des appartements tout neufs », précise-t-il.

Parallèlement, des projets d’éco-quartiers sont en cours, visant à permettre à près de 10 000 familles de se séparer de leur poêle à charbon et de leurs toilettes à fosse.

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