En Chine, les huiles usagées valent désormais plus que le kérosène
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概要
Longtemps symbole de scandale sanitaire, l’« huile de caniveau » est devenue l’un des carburants les plus convoités de la planète. Recyclée à partir des cuisines et des égouts, l’huile de cuisson usagée alimente aujourd’hui la transition verte de l’aviation – au point de valoir plus cher que le kérosène. Derrière cette métamorphose se dessinent les fragilités d’une décarbonation accélérée sous contrainte.
Pendant des années, la Chine a incarné le versant sombre de l'« huile de caniveau », recyclée illégalement et réintroduite dans l’alimentation. Rebaptisée UCO (used cooking oil), elle est désormais la principale matière première du carburant d’aviation durable (SAF). Une fois transformée, elle peut être mélangée au carburant fossile sans modifier avions ni infrastructures, tout en réduisant jusqu’à 80% des émissions sur l’ensemble de son cycle de vie.
Dans un secteur où les alternatives technologiques – hydrogène ou avions électriques – restent lointaines, le remplacement du carburant s’impose comme la voie la plus rapide. Résultat : la demande explose, l’offre reste limitée, et l’UCO devient une ressource rare, parfois plus chère que le carburant conventionnel.
Une transition verte qui fait grimper la factureMais produire du SAF reste coûteux. Les marges se concentrent en amont, chez les fournisseurs d’UCO et les raffineurs, tandis que les compagnies aériennes absorbent l’essentiel du surcoût. En Europe, où des obligations de mélange sont déjà en vigueur, le prix du SAF peut atteindre jusqu’à cinq fois celui du kérosène.
Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), cette hausse des coûts pèse lourdement sur un secteur aux marges déjà étroites. Plusieurs compagnies et raffineurs européens demandent désormais un assouplissement du calendrier, craignant qu’une transition trop rapide n’affaiblisse la compétitivité du transport aérien.
La Chine au centre du jeuPremier exportateur mondial d’UCO, la Chine avance prudemment. Elle développe rapidement ses capacités de production de SAF, tout en réservant l’essentiel de ses volumes aux marchés étrangers soumis à des obligations climatiques. À ce stade, Pékin privilégie l’offre plutôt que la contrainte, sans objectif national obligatoire.
À l’approche de l’entrée en vigueur des règles mondiales en 2027, une question demeure : la Chine imposera-t-elle à son tour des quotas domestiques ? La réponse pèsera lourd sur l’équilibre du marché – et sur le prix du carburant du futur.
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