En Afrique, la répression de l'homosexualité s'étend et s'intensifie
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概要
L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté mercredi la loi qui durcit la répression de l’homosexualité. Le pays d’Afrique de l’Ouest s’inscrit ainsi dans un mouvement plus général sur le continent africain.
Une fois promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi punira de 5 à 10 ans de prison ce que le texte qualifie d’« actes contre nature ». Le texte va plus loin, il punit également de 10 ans de prison l’apologie de l’homosexualité. Ces dernières semaines au Sénégal, le débat sur l’homosexualité s’est tendu, avec notamment des arrestations, dont celles de célébrités locales, ce qui a ajouté un parfum de scandale au climat politique.
Une question politiqueC’est une promesse de campagne du chef du gouvernement Ousmane Sonko. C'est un thème porteur et payant politiquement et il est soutenu par des organisations religieuses dans ce pays majoritairement musulman et pratiquant. Mais si on élargit à l’ensemble de l’Afrique, la question de la religion majoritaire n’est pas forcément décisive. Le pays dont la loi anti-homosexualité a retenu l’attention ces dernières années, en raison de la peine de mort promise aux homosexuels, l’Ouganda, est à majorité catholique ou anglicane. Majorité chrétienne également au Cameroun, où ces dernières années, les accusations d’homosexualité ont servi à discréditer des personnalités politiques. Parfois, les pays qui légifèrent sont aussi alignés politiquement comme ceux de l’alliance des États du Sahel.
InquiétudesCe mouvement qui s'étend en Afrique suscite des inquiétudes. Pour les homosexuels bien sûr. Certains essaient de fuir les pays qui adoptent des législations répressives. Ou essaient de se cacher. Cela suscite aussi des inquiétudes des artistes et créateurs pour la liberté d’expression. Les associations et organisations qui défendent les personnes homosexuelles s’inquiètent aussi de la portée pas complètement précisée de l’apologie de l’homosexualité. Inquiétude sanitaire aussi. Des personnes atteintes du VIH Sida cessent parfois de se soigner ou d’aller chercher leurs traitements là où ils sont distribués de peur d’être exposées C’est un vrai problème sanitaire, parce qu’évidemment, n’importe quel médecin vous dira que le virus ne se cantonne pas aux homosexuels. Si vous ajoutez à cela la baisse des financements de la lutte contre le VIH liée à la quasi-disparition de l’aide américaine, c’est un problème qui pourrait devenir important.
Influences extérieuresTous les pays d’Afrique n’adoptent pas des législations de ce genre. Certains ne légifèrent pas du tout. Mais d’autres vont dans le sens inverse. L'Afrique du Sud, l’un des géants du continent, a reconnu les couples homosexuels. Des pays ont dépénalisé l’homosexualité depuis quelques années, citons le Cap-Vert, les Seychelles, l’Angola, le Mozambique, le Gabon, la Guinée-Bissau ou le Botswana. Les lois de pénalisation étaient d’ailleurs souvent héritées de la période coloniale. Aujourd'hui encore la vague anti-LGBT vient aussi souvent de l'extérieur. Elle est notamment portée par des groupes religieux évangéliques américains, ou encore par la Russie à l'influence grandissante sur le continent. C'est d'ailleurs l'un des points de convergence idéologique des dirigeants souhaitant élargir leurs sphères d'influence que sont Donald Trump et Vladimir Poutine.