En Afrique de l'Ouest, les institutions financières se mobilisent pour développer l'immobilier
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L’Afrique de l’Ouest souffre d’un déficit de logements très important, estimé à 3,5 millions d'unités d'habitation par la Banque mondiale. Une partie du problème : l’accès au crédit immobilier des particuliers. Dans la région, les institutions cherchent à créer des opportunités de financements pour les populations qui souhaitent acheter un logement. C’est le cas avec une opération récente de titrisation de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), et le programme Zaka.
« C’est une demande très importante des clients », confirme Korédé Odjo-Bella, la directrice de la Banque des particuliers d'Ecobank en Côte d'Ivoire. Le prêt immobilier est au cœur de l’activité d’Ecobank qui, à travers cinq de ses filiales dans la région, a bénéficié de cette levée de financements de 4,5 milliards de francs CFA dédiés au logement.
« Le fait de coupler cette opération de titrisation avec cette nouvelle offre de prêts immobiliers pouvant aller jusqu'à 25 ans, ça va nous permettre d'alléger les mensualités. On va permettre à davantage de ménages d'accéder progressivement à la propriété, se réjouit la directrice. Ça permet de toucher plus de monde, des personnes qui gagnent autour de 1 000 $, un peu moins et plus, qui pourront maintenant accéder à des biens immobiliers qui seront autour de 60 millions de francs CFA ».
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Permettre aux revenus modérés d'accéder à la propriétéCar la difficulté pour les banques commerciales est bien d’avoir suffisamment de liquidités disponibles pour proposer ces prêts. À la manœuvre de l’opération financière, la Banque ouest-africaine de développement, mais aussi Afinhab, l’agence financière dédiée à l’habitat. « Notre rôle, c'est de mobiliser des ressources longues sur les marchés financiers. Nous faisons l'intermédiaire entre les marchés financiers, explique Yedau Ogoundele, la directrice générale d'Afinhab, mais également les partenaires au développement et les banques pour pouvoir prêter aux banques à des conditions avantageuses, maturités longues, taux d'intérêt relativement faible, pour que les banques, à leur tour, aient les moyens de prêter à leurs clients qui ont des revenus modérés ». Avec toujours dans le viseur, permettre aux populations à revenus modérés – instituteurs, sage-femmes, artisans – de pouvoir accéder à la propriété.
Dans cette opération, Proparco, institution financière française de développement, s’est positionnée comme investisseur de référence. « Ce qui est intéressant avec cette opération, c'est que, en plus de pouvoir vraiment travailler sur le cœur de notre stratégie, on l'a fait avec un instrument qui permettait de mobiliser de l'épargne locale et des investisseurs institutionnels locaux, précise Emmanuelle Riedel Drouin, la directrice des financements de Proparco. Ça, c'est également au cœur de notre stratégie. Aujourd'hui, ce que l'on souhaite faire, ce n’est pas financer tout tout seul, c'est vraiment être un catalyseur pour pouvoir amener avec nous sur nos opérations d'autres investisseurs et de préférence des investisseurs locaux. » Bouclée en seulement une demi-journée, cette opération est considérée comme un succès.
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