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Donald Trump et la captation de l'anniversaire de l'indépendance américaine

Donald Trump et la captation de l'anniversaire de l'indépendance américaine

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C’est le début d’un week-end de célébrations aux États-Unis. Demain nous serons le 4 juillet et ce sera le 250ᵉ anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine. Cela pourrait être un grand moment d’unité nationale, mais cet anniversaire n’échappera pas à la polarisation et à la personnalisation autour de Donald Trump. Cela a commencé dès le coup d’envoi symbolique des célébrations. C'était le 14 juin dernier, le jour du 80ᵉ anniversaire du président. La pelouse sud de la Maison Blanche était transformée en arène pour les arts martiaux mixtes. Le président est passionné de sports de combat et il ne manque jamais une occasion de faire part de son admiration pour les beaux et solides corps d’athlètes. Une soirée d’exaltation des valeurs masculinistes chères à une partie de l’électorat MAGA. Une soirée de combats, de violence, de sang et aussi de déclarations à l’emporte-pièce de la part, par exemple, de certains combattants affirmant tout de go devant le président, en dehors de toute rectification factuelle et sans la plus élémentaire contradiction, que « Michelle Obama est un homme », ce qui est évidemment faux. À lire aussiMMA à la Maison Blanche: évènement sportif inédit ou arrangement politique entre amis? Politisation et personnalisation Et cela se poursuit aujourd’hui et demain, toujours autour du président. Ce vendredi, il sera au Mont Rushmore, dans le Dakota du sud. C’est sur cette montagne sacrée pour les Indiens Lakotas que sont sculptés les visages de quatre présidents : Washington, Jefferson, Lincoln et Theodore Roosevelt. Lors de son dernier passage, la gouverneure locale Kristi Noem, devenue son éphémère secrétaire à la sécurité intérieure, lui avait offert une sculpture miniature avec son visage ajouté aux autres. Ce bibelot est dans son bureau de Mar-a-Lago. Puis ce sera le retour à Washington pour le 4 juillet. La grande foire des États-Américains et le rodéo quotidien ne rencontrant pas leur public dans cette ville qui vote à plus de 90% démocrate, et de nombreux artistes ayant annulé leur participation au grand concert prévu, pour cause de politisation et de personnalisation excessive, les plans ont changé. Plus de concert, mais plutôt un discours fleuve du président par une température de plus de 41 degrés, juste pour montrer, a-t-il déjà dit, qu’il est capable de tout. La journée sera conclue par le traditionnel feu d’artifice, mais encore plus imposant que d'habitude. À lire aussiUSA 250 : l'Amérique en tension Base mécontente Ce discours sera encore une occasion de développer sa vision des États-Unis. C’est d’ailleurs tout l’objet de cette véritable captation des célébrations qui devaient au départ être organisées de manière bipartisane selon une loi adoptée sous Barack Obama. C’est donc tout le contraire, parce que c’est la nature profonde du président de se mettre en avant. Parce qu’il veut présenter une Amérique glorieuse et conquérante, dirigée par des chrétiens blancs. Depuis le début de son deuxième mandat, il s’est donné pour mission de lutter contre une présentation qu’il estime erronée et culpabilisante de l’Histoire américaine, notamment sur la question de l’esclavage et du racisme. C’est sa vision et celle d’une partie de son électorat. Un électorat qu’il doit soigner, à 120 jours des élections de mi-mandat qui s’annoncent difficiles. Une partie de sa base est mécontente en raison de la guerre en Iran et de l’inflation qui est repartie à la hausse. Et les élus républicains inquiets pour leurs postes sont moins nombreux à le soutenir sans condition. À lire aussi250 ans des États-Unis: en Pennsylvanie, la bataille de l'identité américaine
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