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Dieu face à une atrocité inoubliable

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Dieu face à une atrocité inoubliable. Un blogue de Stéphane Godbout. Devant des atrocités comme l’Holocauste ou la situation à Gaza, comment peut-on continuer à croire en un Dieu qui semble impuissant à stopper les catastrophes humanitaires? Entre silence et espoir Il y a des moments où la foi historique se brise sur la réalité de la vie et de la mort. Face à des scènes de violence et de destruction, à l’agonie des victimes innocentes, c’est une question incontournable : Où est Dieu? Quelle possibilité y a-t-il de croire en Son existence, Sa bonté, ou même Son efficacité quand l’homme sombre dans l’horreur? Aujourd’hui, cette question revient avec force alors que nous entendons parler de la guerre et des souffrances infligées au peuple palestinien de Gaza. Des familles entières sont anéanties, des enfants meurent sous les débris, ils prennent au piège des populations dans une guerre sans fin. Il est difficile, voire impossible, aux personnes croyantes des différentes doctrines ou croyances religieuses de trouver une explication théologique crédible face à l’inaction de Dieu. Et beaucoup, comme jadis à Auschwitz ou Srebrenica, ne peuvent s’empêcher de se demander : Dieu existe-t-Il vraiment? Et s’Il existe, pourquoi est-Il là à regarder les massacres sans rien faire? Le scandale du mal et l’échec des réponses faciles La théologie a longtemps cherché à expliquer l’action et la puissance de Dieu malgré le mal, ou ce que l’on appelle “théodicée”. Il y a eu des efforts pour démontrer que la souffrance est un mystère, un test, fait partie du plan de Seigneur ou résulte de la liberté humaine. Mais face aux cris des victimes, de telles réponses paraissent souvent indécentes. Comment pouvez-vous dire à une mère qui a perdu son enfant sous les décombres que tout cela fait partie d’un plan plus grand? Comment dire à un peuple qui a été décimé que sa souffrance a une raison secrète? L’Holocauste a déjà rendu de telles rationalisations intenables. Certains survivants d’Auschwitz ont même soutenu qu’ils avaient vu leur Dieu mourir dans les camps. Le rabbin Richard Rubenstein a même affirmé que le concept d’un Dieu providentiel est devenu caduc après Auschwitz. D’autres, comme Hans Jonas, ont développé une image de Dieu totalement différente : non plus un maître régnant sur tout, mais un créateur qui, en créant le monde, renonce à l’omnipotence et ne peut désormais que souffrir avec ses créatures, face au mal qui les accable. Maintenant, face à Gaza aujourd’hui, les mêmes dilemmes. Les excuses religieuses ou idéologiques toutes faites sonnent creux. L’énigme du mal est préservée et donc également la question concernant Dieu. Un Dieu inefficace ? Nous avons tendance à penser que Dieu est distant ou qu’Il n’est pas là. Pourquoi Dieu n’a-t-Il pas arrêté les meurtres de masse s’Il est tout-puissant et bon après tout? Cette question est inscrite dans les Psaumes eux-mêmes : « Jusques à quand, Seigneur? » (Ps 13:2). C’est le fil conducteur des Écritures elles-mêmes, de l’angoisse de Job à Jésus sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Mc 15:34). Ces cris de lamentation sont déjà un acte de foi : une reconnaissance que notre croyance en Dieu n’est pas assurance mais combat ou chemin. Certains théologiens nous enseignent que la foi ne nous permet pas de fermer les yeux face au mal, elle nous donne plutôt l’audace d’affronter la rébellion intérieure et le doute de la présence de Dieu. Peut-être que la vraie foi éclot dans un lieu où les illusions cèdent la place, un terrain où l’on cesse d’essayer de défendre Dieu et se contente plutôt de l’appeler — même si cela ressemble à crier dans un désert. Oui, Dieu semble inefficace. Mais devons-nous l’interpréter comme la preuve qu’Il n’existe pas, ou comme une invitation à reconsidérer ce que nous entendons par « Dieu »? Un compagnon dans la souffrance Une façon, transmise par des théologiens comme Jürgen Moltmann et Dietrich Bonhoeffer, est de percevoir Dieu non pas comme le Tout-puissant qui tire les leviers de l’histoire mais comme le compagnon qui souffre avec nous. Le Dieu des chrétiens est crucifié, qui choisit de prendre position aux côtés des êtres humains jusqu’à la fin. Et si c’est le cas, nous voyons que la question n’est plus : « Où est Dieu? » mais plutôt : « Où peut-on trouver Dieu dans toute cette souffrance? » Pour moi, je ne peux pas trouver le Dieu d’amour qui agit dans des explications idéologiques ou théologiques bien ficelées. C’est là, sur les visages des victimes, dans les actions de solidarité, dans les petits actes de résistance au milieu du chaos que je peux le trouver, le voir. Ainsi, Dieu n’est pas impuissant bien qu’Il n’a pas la capacité de faire disparaître la violence de ...
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